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Trouble de la personnalité limite: un guide réconfortant pour tous

<b><i>Mieux vivre avec la personnalité limite</i></b><br />
Julie Desrosiers, Ph. D., Catherine Briand, Ph. D., Mélanie-Karine Dubé, Rhina Maltez, Janie Groulx<br />
Les Éditions Trécarré, 160 pages.
Photo courtoisie Mieux vivre avec la personnalité limite
Julie Desrosiers, Ph. D., Catherine Briand, Ph. D., Mélanie-Karine Dubé, Rhina Maltez, Janie Groulx
Les Éditions Trécarré, 160 pages.

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Un collectif composé de trois ergothérapeutes, d’une enseignante et d’un professeur de yoga propose des pistes pour donner de l’espoir aux personnes affectées par le trouble de la personnalité limite et à leurs proches dans Mieux vivre avec la personnalité limite. Pas facile à comprendre ni à cerner, la TPL – souvent appelée personnalité borderline – concerne 6 à 15 % de la population canadienne.

Cet ouvrage grand public, écrit pour apporter à la fois de l’éclairage sur le problème et des solutions, réunit les expertises des chercheurs, d’une ergothérapeute clinicienne et les témoignages de personnes vivant avec le TPL.

« Souvent, c’est difficile d’être empathique parce que c’est l’enfer à vivre, mais c’est l’enfer aussi pour les proches. Imagine ce que c’est, au quotidien, d’être toujours, toujours pris avec ça », explique en entrevue l’ergothérapeute Julie Desrosiers, professeure à la Haute École de travail social et de la santé de Lausanne, en Suisse, professeure associée à l’UQTR et coauteure du livre.

« C’est pas quelque chose qui apparaît, comme la schizophrénie, par exemple. Ça fait partie de la personne. C’est dur à prendre parce que c’est dans sa personne, le problème. Un trouble de la personnalité, c’est une façon d’être. C’est quelque chose qui est là pour toujours. La personne va reconnaître qu’elle avait ce problème quand elle était toute petite. Elle avait de la difficulté à accepter d’aller se coucher, le soir, et qu’on ferme la porte, ou qu’on ferme la lumière. Elle ne veut pas être laissée toute seule. La peur de l’abandon est là depuis longtemps. Ce ne sont pas des symptômes qui apparaissent soudainement. »

Peur de l’abandon

Ces gens font des efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés. « Ça veut dire tout mettre en œuvre pour ne pas se retrouver tout seul. Ça peut vouloir dire aussi être la conjointe parfaite, qui se lève avant son chum, qui fait son lunch, qui va démarrer son char, qui déglace son auto. C’est la femme qui est tellement indispensable... Ou le sauveur. Quand on a besoin d’eux, ils ne sont pas tout seuls : on pense toujours à eux ; on a besoin d’eux. »

<b><i>Mieux vivre avec la personnalité limite</i></b><br />
Julie Desrosiers, Ph. D., Catherine Briand, Ph. D., Mélanie-Karine Dubé, Rhina Maltez, Janie Groulx<br />
Les Éditions Trécarré, 160 pages.
Photo courtoisie, Éditions Trécarré

Julie Desrosiers rappelle de ne pas tomber dans le stéréotype de la jeune fille abusée, qui se retrouve fugueuse et dans la prostitution. « C’est vrai qu’on a plus de chances d’avoir des TPL chez les filles qui sont en centre jeunesse. Mais monsieur et madame Tout-le-Monde peuvent avoir un TPL. Il y a des façons plus softs aussi d’avoir ces traits-là. »

Elle explique : « À notre époque, il n’y a pas grand monde qui tolère l’abandon et qui tolère la solitude. On se retrouve tout seul et la première chose qu’on fait, c’est qu’on regarde notre téléphone, on ouvre Facebook, on allume la télé, la radio. On n’accepte pas beaucoup le vide. On est surstimulés et ça encourage aussi à ne pas apprendre à vivre seul, à être confronté à la solitude et ne pas tomber dans une panique. »

Quelle est la différence entre apprécier d’avoir du temps pour soi et être aux prises avec un trouble pathologique ? « La limite est dure à placer. Dans mes recherches, ce que j’ai essayé de délimiter, c’est que lorsque notre façon d’être, au quotidien, nuit à notre santé et à notre bien-être, on est du côté du trouble. Quand notre façon d’être contribue à notre ­santé et à notre bien-être, on est du côté de la santé. »

Valeur personnelle

Les personnes aux prises avec le problème peuvent en venir à faire des choses aliénantes, peuvent se faire du tort, accepter n’importe quoi, en dehors des limites acceptables et du bon jugement. « Ces personnes vont l’accepter parce qu’elles n’ont aucune idée de leur valeur. »

Des témoignages très pertinents apportent une dimension très humaine au livre, démontrant tous les espoirs possibles pour la guérison et le mieux-être.