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Motocycliste mort happé par une ambulance: l’ambulancier ne sera pas accusé

L'ambulancier a grillé un feu rouge sans gyrophares

Maria de Menezes déplore le fait que l’ambulancier qui a causé la mort de son mari en fauchant sa motocyclette n’aura aucune conséquence pour son geste.
Photo Agence QMI, Joël Lemay Maria de Menezes déplore le fait que l’ambulancier qui a causé la mort de son mari en fauchant sa motocyclette n’aura aucune conséquence pour son geste.

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La veuve d’un motocycliste mort après avoir été happé par une ambulance cet été à Montréal dénonce que le conducteur ne soit pas accusé même s’il a brûlé une lumière rouge et roulé sans gyrophares.

« C’est une grande injustice, laisse tomber avec tristesse Maria de Menezes. Le message que ça m’envoie, c’est que la vie de mon mari n’est pas importante. Qu’on peut enlever la vie de quelqu’un à une lumière rouge et s’en sortir avec rien. »

Maria de Menezes déplore le fait que l’ambulancier qui a causé la mort de son mari en fauchant sa motocyclette n’aura aucune conséquence pour son geste.
Photo Agence QMI, Sylvain Denis

La vie de la femme d’origine portugaise a basculé le matin du 31 juillet lorsque Stéphane Poirier, le « grand amour » de sa vie, a été frappé par une ambulance alors qu’il circulait à moto.

Le véhicule d’urgence roulait sur le boulevard Crémazie en direction est alors que l’employé de la Société de transport de Montréal de 53 ans roulait en direction sud sur Saint-Hubert. L’ambulance transportait un patient, mais de manière non urgente, les feux éteints.

« Il était dans son droit de passage, c’était vert pour lui. Il n’avait pas à se soucier si une ambulance arrivait. Même l’analyse de l’assurance a permis de déterminer que Stéphane avait 0 % de responsabilité dans tout ça », soutient Mme de Menezes.

Pas d’acte criminel

Or, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a conclu après analyse du dossier « qu’aucune accusation ne sera portée relativement à cette affaire », a-t-on indiqué au Journal.

« La procureure qui a procédé à l’analyse du dossier a informé et expliqué aux proches de la personne décédée les fondements de sa décision. Malgré la survenance d’une collision tragique, l’analyse des éléments de preuve ne permet pas de conclure à la commission d’un acte criminel », a fait savoir par courriel son porte-parole, Jean-Pascal Boucher.

« Je me sens tout simplement abandonnée par la justice québécoise. Je pensais qu’on allait sévir. Mais ce qu’on m’a dit c’est qu’il roulait “juste” à 56 km/h et qu’il avait un bon dossier à la SAAQ, mais ça ne l’excuse pas », souffle Maria de Menezes, en essuyant ses larmes du revers de la main.

Elle ajoute ne pas du tout comprendre cette décision du DPCP, elle qui estime que l’ambulancier a été négligeant et imprudent.

Ridicule

« Je trouve ça complètement ridicule. Ils ont une formation spéciale pour conduire de manière sécuritaire. Brûler un [feu] rouge ne fait pas partie des enseignements. Ils doivent s’arrêter et s’annoncer avant de s’engager, si c’est sécuritaire », affirme la femme.

Maria de Menezes ne souhaite pas que l’ambulancier croupisse dans une cellule, mais elle aimerait au moins qu’il reçoive une conséquence pour son geste.

« Je sais très bien qu’il ne s’est pas levé cette journée-là et qu’il voulait tuer quelqu’un. Mais c’est quand même ça qui est arrivé, lance la préposée aux bénéficiaires, toujours en arrêt de travail. Que ce soit des travaux communautaires ou une amende ou des points de démérite. Mais ça me fait mal de savoir qu’il n’aura rien du tout. C’est comme s’il n’était rien arrivé. »

Encore sous le choc

Même si sept mois se sont écoulés depuis la tragédie, elle n’est pas encore remise du choc de la mort de son « univers » et « complice » depuis 20 ans.

« On était très amoureux, raconte celle qui combat une dépression majeure. Ça a été un énorme choc. C’était ma seule famille ici. »

« Parfois j’ai l’impression que ça ne se peut pas, que je vais me réveiller d’un mauvais rêve, mais non », conclut Mme de Menezes.