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La vaccination devrait être obligatoire

La vaccination devrait être obligatoire

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Le 21 février dernier, la ville de Toronto s’est vue assiégée par une campagne anti-vaccination. À l’origine de ce coup d’éclat : Vaccine Choice Canada.   

Cinquante panneaux publicitaires ont été érigés dans la ville afin de mettre en garde la population contre la vaccination. Les publicités ciblaient particulièrement les parents puisqu’il était question de la dangerosité des vaccins pour les enfants. La campagne a été retirée des rues de Toronto il y a environ 5 jours. Grand bien.     

En passant, cette stratégie n’est pas sans rappeler celle des groupes pro-vie, qui misent sur la peur et la désinformation pour empêcher les femmes de se faire avorter. Je dis ça de même.    

Ce qui m’écoeure là-dedans, c’est que bien qu’on ait retiré les pubs de Vaccine Choice Canada, le message a sans doute eu le temps de faire des ravages.     

Parce que oui, miser sur la peur et sur notre désir d’offrir ce qu’il y a de meilleur à nos enfants, c’est payant. Je dois avouer une chose, j’ai moi-même flirté avec le mouvement anti-vaccination à une étape de ma vie. J’étais enceinte de ma première fille et je passais un peu trop de temps sur les forums de discussions de maternité. C’est là que j’ai commencé à lire des commentaires mitigés sur la vaccination et à sérieusement m’inquiéter, au point où j’ai remis en question le calendrier de vaccination de mon bébé.     

Une infirmière du CLSC m’a ramenée à la réalité en m’expliquant qu’il y avait plus de risques à ne pas faire vacciner mon enfant qu’à le faire vacciner. Quand je lui ai demandé pourquoi on donnait autant de vaccins à nos chérubins dans les 2 premières années de leur vie, elle m’a répondu qu’il y avait 2 raisons :    

1- C’est plus pratique. Les enfants sont déjà dans le système de santé à cause des rendez-vous de suivi. On est alors certain d’atteindre une plus grande partie de ces enfants-là en les vaccinant lors des rencontres de routine avec leur médecin.     

2- Certains vaccins doivent être donnés à un âge en particulier.     

Ici, j’ai décidé de laisser tomber les théories du complot et de ne point croire au méchant lobby pharmaceutique. J’ai fait vacciner ma fille contre la rougeole. J’ai aussi décidé d’arrêter de croire l’étude qui fait un lien entre l’autisme et le vaccin combiné RRO (contre la rougeole, le rubéole et les oreillons). Je souligne au passage que cette étude a été démentie et que le médecin qui l’a menée a été radié et s’est rétracté depuis. Je répète : cette étude qui faisait un lien entre les vaccins et l’autisme est FAUSSE.   

Oh, c’est vrai que les vaccins peuvent, dans de très rares cas, mal tourner. En médecine, le risque zéro n’existe pas. Comme dans la vie d'ailleurs. Mais la vaccination a sauvé plus d’enfants et éradiqué plus d’épidémies dans l’histoire qu’elle a générée de sclérose en plaque ou autres calamités que les adeptes de la théorie du complot associent généralement aux vaccins.     

Il est aberrant et scandaleux que le discours des groupes anti-vaccination trouve autant de preneurs. Tellement, que certaines maladies dont on était venu à bout depuis des décennies refont surface. Pensons à l’épidémie de rougeole qui a touché des écoles francophones de la région de Vancouver il y a peu. Est-ce qu’il va falloir faire comme en France où en Allemagne, où l’on interdit de crèche ou d’école les enfants non vaccinés? Je veux dire quand les parents ne sont pas capables de prendre des décisions pour le bien de la collectivité car leur angoisse est plus grande que leur raison, peut-être que l’état devrait mettre ses culottes.    

Geneviève Pettersen coanime Les Effrontées, tous les jou rs de 9 h à 10 h en semaine sur QUB radio.