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Racisme anti-asiatique dénoncé sur Facebook

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MONTRÉAL | Se faire traiter «d’esti de Chinoise», être accusée de manger du chien et entendre que les yeux des Asiatiques sont laids. C’est ce à quoi ressemblent les insultes racistes qu’une Montréalaise reçoit régulièrement et qu’elle partage sur sa page Facebook lancée le mois dernier.

«J’ai été adopté par des Québécois et j’ai grandi en Gaspésie jusqu’à l’âge de 15 ans. Je ne peux pas être plus Québécoise-sirop-d’érable que ça. La notion d’identité, c’est large», a affirmé au «24 Heures» Caroline Kim, qui est d’origine coréenne. 

Pour raconter sa démarche, cette employée d’une bibliothèque de la métropole souhaite rester dans l’ombre le plus possible pour préserver l’identité de son garçon âgé de 11 ans. 

«Ce n’est pas des événements marginaux, ça m’arrive souvent. Même mon gars, il commence aussi à recevoir des petits commentaires comme quoi, par exemple, ses yeux seraient laids parce qu’il est asiatique... C’est dire l’impact du racisme», a dénoncé la maman âgée de 39 ans. 

«Je ne suis pas raciste, mais» est le nom de sa page Facebook où elle documente les commentaires et les comportements haineux qu’elle subit depuis son enfance en raison de ses traits. 

Déconstruire le racisme

«Je vois que mon garçon reçoit les mêmes insultes que moi quand j’étais jeune. Le but de ma page, ce n’est pas de changer le monde, mais d’éduquer les gens. Pour moi, si on veut déconstruire le racisme, il faut le nommer. Si on ne nomme pas, ça n’existe pas. Avec cette page, les gens peuvent se mettre dans mes souliers et comprendre plus facilement», a indiqué Mme Kim. 

Cette dernière souligne être comme «monsieur et madame Tout-le-monde» et même être surprise par l’intérêt grandissant suscité pour son projet. Tout ce qu’elle dénonce provient d’une vingtaine de cahiers où elle a écrit, entre autres, les épisodes racistes vécus par sa famille. 

«Beaucoup de gens m’écrivent. Ça crée des échanges intéressants. Je suis quelqu’un de positive et heureuse. Cette page n’est pas pour me plaindre ou faire du "Québec Bashing". J’ai vécu du racisme partout dans le monde. Mon but est vraiment d’éduquer et mettre des mots sur des problèmes», a-t-elle soutenu. 

Caroline Kim évoque aussi le fait qu’au Québec, il y a un manque de représentativité de la communauté asiatique. 

«Que ce soit à la télé, en politique, dans les médias ou dans les films... Ils sont rares. Ça aide de se voir représenter et c’est essentiel», a mentionné Mme Kim. 

«J’espère aussi que ma page va faire réfléchir les gens sur la notion d’identité québécoise. Et que ça va diminuer les insultes, mais aussi les stéréotypes positifs, comme ceux que les Chinois seraient bons en math par exemple. Il faut comprendre que tu ne nais pas raciste, tu le deviens», a-t-elle dit.