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Une entreprise qui mise sur la viande hachée crue... végétale

Vegeat vise un segment de population qui croît constamment, les végétariens

Francois Cardinal, pdg de Vegeat
Photos collaboration spéciale Geneviève Quessy François Cardinal, PDG de Vegeat, a remporté un prix Dux en janvier dernier pour son produit innovateur.

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La jeune entreprise québécoise Vegeat pense avoir réussi l’exploit de créer un produit végétal ressemblant à s’y méprendre à du bœuf haché cru, qui goûte la viande et qui a de bonnes chances de se ramasser sous peu dans le rayon des viandes de votre épicerie.

Créée en février 2018, Vegeat aura mis un an de recherche avant d’en arriver à ce premier produit.

Son fondateur, François Cardinal, souhaitait faire une différence pour la planète et laisser un monde meilleur à ses enfants.

L’homme de 42 ans a beaucoup voyagé dans le cadre de son travail dans le secteur agroalimentaire, alors qu’il travaillait, entre autres, pour Fleury Michon et St-Hubert.

« J’ai vu une conscience sociale émerger à travers le monde, et moi-même j’ai fait des prises de conscience, surtout après avoir travaillé dans l’industrie de la viande. J’avais à cœur de créer une entreprise qui allait limiter son empreinte écologique et de favoriser le bien-être animal », dit François Cardinal, qui a alors décidé de se lancer dans la création de produits et de fonder Vegeat.

Au bout d’un an de recherches en collaboration avec une technicienne spécialisée en produits végétariens, François Cardinal a mis au point sa recette de haché végétal.

Des pois jaunes

Un paquet de haché végétal de Vegeat, qui ressemble à s’y méprendre à du bœuf haché.
Photo courtoisie
Un paquet de haché végétal de Vegeat, qui ressemble à s’y méprendre à du bœuf haché.

Fabriqué sans soya, à base de pois jaune, le haché végétal de Vegeat ressemble à s’y méprendre à du bœuf haché. Et même le goût y est. Il peut être employé dans n’importe quelle recette qui nécessite du bœuf ou du porc haché.

À la différence du Beyond Meat, élaboré par un producteur américain de substituts de viande à partir de plantes, il est non pas cuit, mais cru.

Ce type de produit, déjà présent sur les tablettes à Londres et au Danemark, pourrait bien faire fureur auprès de la population nord-américaine qui ne le connaît pas encore.

Formé à HEC Montréal en vente et en marketing, il dit connaître le milieu de l’alimentation depuis toujours.

« J’ai grandi dans les cuisines. Mes parents ont eu des restaurants et moi aussi. Je suis vraiment passionné par l’alimentation. »

Seul à la barre de l’entreprise, il s’est tout de même formé un conseil consultatif de deux hommes d’affaires aguerris qui agissent pour lui comme des mentors, Raymond St-Sauveur et Marcel Bergeron.

Une tendance lourde

Avec ce nouveau produit, Vegeat vise un segment de population en constante augmentation, c’est-à-dire les adeptes du végétarisme et ceux qui tentent de réduire leur consommation de viande.

Selon un sondage de l’Université Dalhousie, près de trois millions de Canadiens se disaient végétariens en 2018, le double d’il y a 15 ans. Une tendance sur laquelle Vegeat entend surfer.

Après le haché et la boulette, l’entreprise compte compléter sa gamme en lançant des saucisses, puis une sélection de produits cuits, comme de l’effiloché.