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Adèle Sorella coupable de meurtres non prémédités

La femme d’un défunt caïd de la mafia a été condamnée à la prison à vie mardi.

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Une mère de famille de Laval, mariée à un défunt caïd du crime organisé, vient d’être déclarée coupable des meurtres non prémédités de ses deux fillettes, après six jours de délibérations.

«Non coupable de meurtres prémédités, mais coupable de meurtres non prémédités», a prononcé le juré numéro 8 cet après-midi devant une salle bondée de juristes et d’employés du palais de justice de Laval. 

Pour la seconde fois, un jury a reconnu Adèle Sorella coupable des meurtres de ses deux enfants. 

Assise au premier rang, la femme de 53 ans n’a pas eu de réaction particulière à l’annonce de ce verdict. 

Prison à vie

La juge de la Cour supérieure Sophie Bourque a automatiquement condamné Adèle Sorella à la prison à vie. 

Il ne reste qu’à déterminer le nombre d’années que la meurtrière devra purger avant d’être admissible à une libération conditionnelle. 

À son premier procès qui s’est conclu en 2013, l’accusée avait été reconnue coupable des meurtres prémédités de ses filles. 

Le jury n’était toutefois pas informé de cette précédente issue. 

La Cour d’appel avait ordonné la libération de l’accusée en 2017, en raison d’erreurs de droit dans les instructions données au premier jury. 

Le second procès de la mère de famille a débuté en novembre dernier, au palais de justice de Laval. Le jury composé de six hommes et six femmes a entamé ses délibérations il y a six jours. 

Le double homicide a été commis il y a 10 ans, dans la résidence cossue de Sorella et de son mari Giuseppe De Vito, à Laval. 

Ce dernier était recherché dans le cadre de l’opération antimafia Colisée et était en cavale lors des meurtres, le 31 mars 2009. 

Les corps inanimés d’Amanda et Sabrina De Vito, respectivement âgées de 9 et 8 ans, ont été découverts par des proches de Sorella, après avoir reçu un texto inquiétant de celle-ci. 

Les deux gamines, qui ne portaient pas de traces de violence apparente, étaient étendues au sol dans la salle de jeu familiale. 

La mort simultanée des deux enfants en bonne santé a rapidement été écartée par les autorités. 

Chambre hyperbare

Une chambre hyperbare trouvée dans la maison pourrait avoir causé la mort des fillettes, selon une pathologiste, mais cela n’a toutefois pas pu être établi avec certitude. 

Il s’agit d’un appareil servant à administrer de l’air sous pression, qui peut entraîner l’asphyxie s’il est scellé de façon étanche. 

Adèle Sorella était introuvable lors de la funeste découverte. Elle a été arrêtée par les policiers plus tard dans la soirée, après un accident de voiture. 

Les jurés ont visiblement cru la thèse de la Couronne, représentée par Mes Simon Lapierre et Nektarios Tzortzinas, qui soutenait que l’accusée était la seule personne ayant eu l’opportunité de commettre les crimes. 

Il n’y avait aucune trace d’effraction dans la résidence, à l’arrivée des policiers. 

Aucun souvenir

Contrairement à son premier procès, la quinquagénaire a témoigné pour sa défense et a affirmé ne pas se souvenir de cette journée fatidique. 

La mère de famille vivait une période difficile à cette époque, en raison de la cavale de son mari. Elle avait fait plusieurs tentatives de suicide, ce qui avait incité sa mère à venir vivre avec elle et les enfants. 

Interrogée par ses avocats, Mes Pierre et Guy Poupart, la dame a dit être en dépression. 

La défense tentait d’ailleurs d’obtenir un acquittement ou encore un verdict de non-responsabilité criminelle en raison de troubles mentaux.