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Andrew Scheer sur le dos de SNC-Lavalin

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Qu’Andrew Scheer ne lève pas le petit doigt pour aider la nouvelle direction de SNC-Lavalin à sauver la multinationale québécoise et ses 9000 emplois au Canada, je trouve cela inconcevable.

Mais c’était écrit dans le ciel que le chef conservateur n’allait pas aider SNC-Lavalin à se sortir des griffes du Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) qui a intenté un procès criminel à la multinationale québécoise.

Comment ça ? Il faut savoir que le chef conservateur et ses députés avaient, en juin dernier, voté contre l’adoption de la loi fédérale (parrainée par Bill Morneau) qui encadre les nouveaux accords financiers de réparation que les entreprises canadiennes aux prises avec des accusations de fraude et de corruption peuvent conclure avec le SPPC. Ce genre d’entente à l’amiable permet aux entreprises d’éviter un procès criminel et ses lourdes conséquences. Car si l’entreprise poursuivie est déclarée coupable, il lui sera interdit de décrocher au Canada des contrats publics pendant 10 ans.

DU « MILLAGE ÉLECTORAL »

Comme on sait, malgré cette loi fédérale sur les accords de réparation, le SPPC a refusé de conclure un tel accord avec SNC-Lavalin.

Bien que ce refus risque d’avoir des conséquences dramatiques pour la survie de SNC-Lavalin, il n’est donc pas surprenant de voir M. Scheer faire énormément de « millage électoral » sur le dos de SNC-Lavalin, et ce, en raison des pressions que le bureau de Justin Trudeau a exercées en faveur de l’entreprise québécoise en vue de lui éviter le procès criminel.

Étant dès le départ contre la loi autorisant les accords de réparation, le chef conservateur fait ainsi preuve de cohérence en se faisant du capital politique sur le refus du SPPC de négocier une telle entente à l’amiable avec la multinationale québécoise.

L’ÉTONNANTE ALLIÉE

Ce que je trouve particulièrement étonnant dans ce dossier devenu hautement politisé, c’est de voir l’ancienne ministre de la Justice, la libérale Jody Wilson-Raybould, refuser d’intervenir en faveur de SNC-Lavalin.

Qu’est-ce qui m’étonne dans son refus de collaboration ?

Mme Wilson-Raybould avait voté, le 6 juin 2018, en faveur de la loi qui a créé le fameux « Accord de réparation » visant à permettre aux entreprises accusées de fraude de conclure une telle entente à l’amiable avec le ministère de la Justice. En passant, ce type d’entente existe ailleurs dans le monde.

Question : pourquoi a-t-elle refusé d’intervenir en faveur de SNC-Lavalin alors qu’elle avait voté en faveur de ladite loi qui avait été justement proposée pour aider SNC-Lavalin à se sortir des griffes du SPPC ?

À la suite de son accablant témoignage devant le Comité de la justice, l’ex-ministre libérale est ainsi devenue la meilleure « alliée » du chef conservateur Andrew Scheer dans sa croisade en vue d’avoir la tête du premier ministre Justin Trudeau. Sans compter le coup de pouce que vient de donner au chef conservateur la ministre Jane Philpott en claquant la porte du conseil des ministres de Trudeau, hier.

Autre apparence d’incohérence : pourquoi a-t-elle attendu d’être relevée de son poste de ministre de la Justice pour dénoncer les « pressions » exercées sur elle par le bureau du premier ministre en faveur de SNC-Lavalin ?

Que SNC-Lavalin risque d’être vendue ou démantelée à l’issue du procès intenté par le SPPC ?

Bof ! c’est juste une entreprise québécoise.