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Des repas moins chers aux étudiants des résidences pour éviter le gaspillage

Des repas moins chers aux étudiants des résidences pour éviter le gaspillage
SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

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 MONTRÉAL – Les services alimentaires de l'Université de Montréal vendent aux résidences les surplus de leurs repas à plus faible prix, une initiative lancée cet automne qui permet aux étudiants de faire des économies tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. 

 Les repas chauds, sandwichs, et salades qui ne sont pas écoulés pendant la journée sont vendus tous les soirs de 19 h à 19 h 30 dans un local des résidences de l’université au prix coûtant. Une assiette de lasagne coûte par exemple 3,50 $ au lieu de 7,99 $. 

 «Je trouve cela pratique, on n’a pas toujours le temps de cuisinier. Les épiceries ne sont pas à proximité du campus. Je trouve cela vraiment utile et ce n’est pas cher», a commenté Camille Blanchette, qui étudie en neurosciences cognitives. Elle s’achète des repas deux à trois fois par semaine. 

 Même son de cloche du côté de Mariline Laguerre, étudiante à la maîtrise en santé publique, qui apprécie cette nouvelle initiative. «Des fois comme étudiant on n’a pas le temps de cuisiner, ou d’aller au marché, et en plus je vois qu’avec le prix c’est tellement économique. Ça nous coûte moins en temps et en argent», a-t-elle souligné. 

 Cette idée est venue d’une prise de conscience collective, a expliqué Pascal Prouteau, directeur résidences, hôtellerie et restauration à l’Université de Montréal. «La majorité des centres de distribution sont assez éloignés, les gens ont des devoirs à faire et des examens à préparer. On voulait les aider.» 

Des repas moins chers aux étudiants des résidences pour éviter le gaspillage
SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

 Succès 

 Ce projet, qui a commencé en octobre, connaît d’ailleurs un «fort succès» selon les responsables de Local Local, les services alimentaires de l’université. Le nombre de repas offerts varie chaque jour et ceux-ci peuvent s’écouler très rapidement, particulièrement en période de fin de session. Entre 20 et 40 portions sont vendues en moyenne. 

 «Dès le début, cela a connu un grand succès et on écoulait la marchandise systématiquement. Après il y avait plus de demandes que d’offres, alors on ne pouvait pas fournir. À partir de 18 h 45 les gens faisaient la file et c’était premier arrivé, premier servi», a commenté Pascal Prouteau. 

 Lorsque les repas ne sont pas tous vendus en soirée ou le jour suivant, ils sont ensuite offerts au personnel de Local Local, ce qui évite le gaspillage alimentaire. 

 Alimentation santé 

 Les produits vendus par Local Local sont aussi équilibrés, et des repas végétariens et véganes sont disponibles. 

 «Si on n’est pas capable de cuisiner et qu’on dépend exclusivement des produits prêts-à-manger en épicerie, c’est sûr que ça va coûter plus cher, a souligné la professeure titulaire en diététique à l’Université de Montréal Marie Marquis. Que Local Local ait une offre de produits végétariens, donc qui coûtent moins cher à Local Local et à l’étudiant, et l’offre un prix stratégique réduit, c’est vraiment une initiative gagnante sur toute la ligne.» 

 Selon une étude menée par Mme Marquis auprès de 857 étudiants du campus, 11 % d’entre eux ont rapporté ne pas manger suffisamment par manque d’argent. 

 Le phénomène de la précarité alimentaire prend de l’ampleur chez les étudiants, a confirmé la professeure, précisant que ce sont ceux qui habitent en appartement qui risquent le plus d’être touchés. 

 «La clientèle qui habite les résidences, de manière spécifique, on sait qu’ils sont quand même sensibles au prix parce qu’ils ont plein d’autres dépenses, mais pour moi ils sont surtout en recherche de ressources pour leur faciliter la vie au moment des repas», a indiqué Marie Marquis.