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Presque parfait

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Photo USA TODAY Sports Je n’ai jamais vu avec l’Impact un ailier aussi puissant et fort qu’Orji Okwonkwo.

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Je sais bien, c’était le premier match de la saison, mais je n’ai pu réprimer ce sentiment qui a surgi en moi : j’ai eu une impression de déjà-vu.

Quand les Earthquakes de San Jose ont marqué le premier but du match contre l’Impact, un peu après la 10e minute de jeu, j’ai revu les errements défensifs des dernières années. Rien n’avait-il donc changé en 2019 ?

Certes, ça a pris une très bonne séquence des Quakes pour marquer, mais elle a été très mal gérée par l’Impact. Les hommes de Rémi Garde ont laissé l’adversaire passer le ballon entre les lignes défensives beaucoup trop facilement. Victor Cabrera s’est jeté en retard devant le ballon et Evan Bush n’a pas eu l’occasion de sauver la situation.

Cette impression de déjà-vu a été exacerbée par le but qui allait suivre. Comme on l’a vu des centaines de fois, Ignacio Piatti nous a offert un tour de magie et rappelé tout ce qu’il représente pour ce club.

À partir d’un coup de pied de coin, l’Argentin a facilement déjoué le premier défenseur en se présentant dans la surface de réparation en vitesse. Son tir puissant n’a laissé aucune chance au gardien de San Jose et nous étions de retour à la case départ.

Mais après le but de Piatti, j’ai trouvé que l’Impact était l’équipe la plus solide, voire la plus talentueuse, et ce, malgré les statistiques de possession en faveur de l’adversaire. Son organisation défensive était, malgré ce que le premier but a pu faire croire, à point. Une bonne nouvelle, parce que ça signifie que je pourrai écrire sur autre chose cette saison...

L’énergie au maximum

Impressionnant. C’est le mot qui me vient à l’esprit pour parler de l’effort déployé par le Bleu-blanc-noir au cours du premier match de la saison. Tout l’effectif a mis la main à la pâte.

D’un point de vue de l’effort physique, personne ne s’est défilé. Sportivement, on peut avoir à redire sur certaines performances, mais chacun des joueurs employés au cours des 90 minutes à San Jose s’est dépensé sans compter.

Ce genre d’effort, c’est ce qu’un entraîneur désire voir à chaque rencontre. Les Montréalais sauront-ils le soutenir au cours des 33 prochains matchs ? Du moins, ils pourront toujours revisionner le premier pour se rappeler la recette.

Le meilleur match de Piatti

La performance de Piatti samedi dernier a probablement été une de ses meilleures dans le maillot de l’Impact. Il a été — comme toujours — dangereux offensivement. Dans ce département, on le savait déjà un des meilleurs en MLS.

Mais j’ai été agréablement surpris de le voir sprinter tout au long du match pour revenir en position dans le bloc défensif de l’équipe. Le voir solidaire dans l’organisation défensive, j’en ai presque été ému...

Piatti a aussi gagné plusieurs de ses batailles individuelles en défense. Et il a même sauvé à mon sens un but de San Jose en deuxième mi-temps quand il a intercepté un centre qui se dirigeait dans la surface.

C’est peut-être surprenant, mais je pense sincèrement que c’était son meilleur match avec le Bleu-blanc-noir.

Nouveaux venus impressionnants

Je me trompe peut-être, mais je n’ai jamais vu avec l’Impact un ailier aussi puissant et fort qu’Orji Okwonkwo. Le Nigérian est capable de générer de la vitesse en conduisant le ballon, un atout à sa position. Il pourrait être fort utile cette saison s’il trouve ses marques.

Maxi Urruti m’a aussi impressionné à San Jose. Même s’il n’a pas été très menaçant du point de vue offensif, j’ai l’impression qu’il a plus couru que n’importe quel avant-centre qu’on ait vu dans le maillot montréalais. Son apport défensif a été précieux pour l’ensemble de ses coéquipiers. S’il est en mesure d’aller chercher quelques buts, il sera essentiel aux succès du XI montréalais.

Et je dois aussi souligner l’apport de Zakaria Diallo. Le défenseur en impose physiquement. Il est grand, intelligent tactiquement et très à l’aise avec le ballon. Sa passe sur le but de Saphir Taïder, celui qui allait s’avérer gagnant, était sublime.

Finalement, ce qui a été le plus impressionnant pour moi dans ce premier match de la nouvelle saison, c’est l’engagement et l’organisation défensive de l’équipe. Certes, le gros du crédit doit aller aux joueurs dans les circonstances, mais il faut reconnaître la bonne préparation du personnel d’entraîneurs.

En somme, je souhaite que ce match reflète l’allure de la prochaine saison.

Nouvelle saison, nouvelle pression

La pression est sur Rémi Garde et l’ensemble de son personnel technique.
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
La pression est sur Rémi Garde et l’ensemble de son personnel technique.

Sans détour, je l’affirme : on s’attend à mieux de l’Impact en 2019. Mieux que les deux années précédentes, où le Bleu-blanc-noir n’a pas été en mesure de se qualifier pour les séries éliminatoires.

En somme, même si le camp d’entraînement en Floride de l’équipe distille de l’enthousiasme dans l’esprit des partisans de l’équipe, il est nécessaire de rappeler qu’une obligation de résultat est rattachée à cette saison.

Ainsi, la pression est sur Rémi Garde et l’ensemble de son personnel technique. Leurs compétences se mesureront quasi uniquement par les points récoltés au classement. C’est cruel, mais c’est la nature du sport.

Cela dit, la deuxième partie de la saison négociée l’an dernier avec succès nous permet d’entrevoir de bonnes choses. À partir de juillet, l’Impact s’était grandement amélioré.

Parce que viser les séries, c’est bien. Mais viser la coupe, c’est mieux.

Tableau ouvert

Encore cette année, l’Impact devrait être une des équipes en MLS avec la plus grosse masse salariale. Joey Saputo l’a prouvé, il n’a pas peur d’investir pour attirer des joueurs dans la métropole québécoise. Mais son argent est-il bien dépensé ?

À quel échelon finira le Bleu-blanc-noir cette année ? Bien malin celui qui peut le prédire parce que la saison s’amorce avec plusieurs points d’interrogation.

L’Impact n’est pas la seule équipe qui nous réserve des surprises. En fait, c’est toute l’Association de l’Est qui semble avoir été chamboulée.

Plus de Sebastian Giovinco à Toronto. Plus de David Villa à New York. Et Miguel Almiron a quitté Atlanta pour la Première ligue anglaise. Autant de raisons pour croire que l’Impact peut se faufiler dans le haut du classement.

Changements dans les bureaux

Dans l’entre-saison, l’effectif de l’Impact a considérablement été remodelé. Mais pour moi, les changements les plus notoires se sont produits dans l’administration.

L’addition d’un président de la trempe de Kevin Gilmore, dont la feuille de route est étoffée, ne peut que contribuer au succès de l’équipe. J’ajouterai que l’embauche de Patrick Leduc est aussi un bon coup pour l’organisation.

Personnellement, je suis convaincu du bénéfice que peuvent apporter ces changements majeurs. Gilmore et Leduc poseront sur ce club un regard neuf qui devrait se faire sentir rapidement.

Reste à voir si Joey Saputo est vraiment en mesure de se retirer du quotidien de l’équipe. Pour un passionné comme lui, ce ne sera pas une tâche facile.