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Une cabane à sucre végane et écoresponsable

Une cabane à sucre végane et écoresponsable
Courtoisie

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Des oreilles de crisse à base d’aubergines, des fèves au «pas de lard», de la tourtière au millet, Simon Meloche-Goulet a décidé il y a trois ans de réinventer le menu de cabane à sucre traditionnel en lui donnant une «twist» végane.

À la sueur de son front et à l’aide de ses mains collées de sirop d’érable, l’entrepreneur derrière la Cabane à Tuque dans les Laurentides a bâti un établissement unique au Québec.

Vous ne trouverez jamais de concombres du Mexique ou de tomates de la Californie dans votre assiette à la Cabane à Tuque. Tous les aliments proviennent de sources (très) locales assure Simon. «La quasi-totalité des légumes que j’utilise vient de mon jardin ou de celui de mes voisins, je fais mon propre tempeh et le sirop est concocté à l’aide de l’eau d’érable collectée à bras. Pour moi, c’est crucial de manger local donc j’ai appliqué le concept à mon commerce».

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Les quelque 4500 clients accueillis entre février et avril peuvent se régaler à volonté d’un menu composé de grands classiques version végane, comme les cretons végétaliens, la tourtière au millet et légumes et le «temp’œuf aux légumes», du tempeh maison apprêté comme une omelette.

Pour le dessert: crêpes de sarrasin, compote de fruits et tire sur la neige.

«On ne vise pas seulement les personnes véganes! Tout le monde est le bienvenu!» précise le propriétaire. 

Les fameuses fèves au «pas de lard»
Courtoisie
Les fameuses fèves au «pas de lard»

Pour avoir un siège autour de la table, il faut s’y prendre d’avance puisqu’il n’y a que 35 places disponibles pour chaque service (brunch et souper) du vendredi au dimanche.

En plus du repas, les visiteurs peuvent porter main forte à Simon lors de la cueillette de l’eau d’érable, exhiber leur talent au lancer de la hache ou bien faire une partie de disque golf dans la forêt en bordure de la propriété.

Le prix d’entrée est de 37,50 $ pour les adultes et de 20 $ pour les enfants. 

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En ce qui a trait à la cabane, oubliez la typique chaumière en bois rond. Le Montréalais dans la trentaine a voulu lui donner un aspect unique. «Les murs sont en chanvre, il n’y a donc aucun isolant chimique, et les planchers sont en terre cuite, une surface très douce, malléable qui pardonne plus quand on a des enfants», explique celui qui a construit l’habitation de ses propres mains.

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En effet, Simon et sa famille de trois utilisent la cabane comme maison pendant la saison morte. Le reste de l’année, le quatuor occupe une autre demeure à quelques pas de la cabane.

Simon et sa copine Marilyne
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Simon et sa copine Marilyne

La culmination d’un projet de vie

Simon a emprunté plusieurs chemins avant de suivre celui de l’entrepreneuriat. «J’ai été plombier pendant quelque temps, puis j’ai travaillé à une ferme bio comme jardinier-maraicher. Au fil du temps, j’ai chéri l’idée d’avoir ma propre ferme.»

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Mais une visite à La Pause Sylvestre, une cabane à sucre végétarienne en Estrie, est venue chambouler ses croyances. «J’ai eu un coup de foudre pour leur projet et j’ai décidé de lancer ma version d’une cabane nouveau genre.»

Il a alors acheté un lopin de terre appartenant à la ferme pour laquelle il travaillait afin d’ériger sa cabane et loué une autre parcelle de terrain pour faire pousser ses légumes et récolter l’eau d’érable.

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Pour servir les clients durant les repas, Simon engage quelques-uns de ses amis. «Ce sont les meilleurs serveurs imaginables. Ils sont aussi passionnés que moi par le projet et sont très informés sur les méthodes de cuisine que nous utilisons.»

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Même si l’industrie sur laquelle repose son entreprise est saisonnière, la rentabilité est au rendez-vous selon le propriétaire. «C’est rentable en grande partie parce que j’ai un style de vie assez rudimentaire. Je n’ai pas de voiture ni de télévision, je ne voyage pas, je n’achète presque rien à l’épicerie depuis des années et je ne vais jamais au restaurant», relate-t-il.

Seule dépense annuelle majeure pour lui: l’inscription à un ultra-marathon. «Je ne suis pas un pro, mais j’adore faire ça. C’est un cadeau de moi à moi.»

Un dévouement constant

Il faut l’avouer, la vocation de restaurateur-maraicher demande beaucoup de rigueur. «Je peux facilement faire 80 heures par semaine. Je dors rarement plus de 5 heures par nuit et j’essaie d’être présent pour ma famille au moins 4 heures en dehors du travail.»

La saison morte n’est pas de tout repos non plus pour le jeune père. «Je cueille des champignons sauvages avec ma fille, je m’occupe de la promo dans plusieurs évènements, je dois entretenir le terrain et préparer la prochaine saison.»

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Néanmoins, il tient à souligner que l’effort ne lui est pas souffrant. «Je tripe au bout! J’adore ce style de vie là et je ne le changerais absolument pas.»

D’ailleurs, dès la semaine prochaine, l’entrepreneur proposera trois plages horaires au lieu de deux, soit 10 h 30, 14 h 30 et 18 h 30. «J’ai réalisé que les gens sont moins attirés par la cabane dans le froid de février donc je vais tenter l’expérience jusqu’en avril afin de pallier le ralentissement de demande du mois passé.»

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Dans un futur rapproché, Simon souhaiterait devenir une figure notoire du tourisme agroalimentaire dans les Laurentides. «Je voudrais que mon resto soit complètement booké pour la saison sans que j’aille à faire de publicité pour le promouvoir.»

Il désire également déléguer plus de tâches associées au maintien de l’entreprise, comme l’administration, afin de mieux profiter de sa passion première: recevoir des gens dans sa cabane. «C’est vraiment là que je me sens bien.» 

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