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Affaire SNC-Lavalin: Trudeau persiste et signe

Affaire SNC-Lavalin: Trudeau persiste et signe
Photo Matthew Usherwood

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OTTAWA | L’affaire SNC-Lavalin, qui a coûté à Justin Trudeau deux ministres et son bras droit, est le fruit d’un simple malentendu, laisse entendre le premier ministre.

Dans un premier point de presse portant exclusivement sur cette affaire depuis qu’elle a éclatée il y a un mois, Justin Trudeau a réitéré n’avoir rien à se reprocher.

  •  REVOYEZ le point de presse de Justin Trudeau:   

 

M. Trudeau a fait valoir que les pressions inappropriées évoquées par sa ministre démissionnaire Jody Wilson-Raybould étaient plutôt selon lui des «conversations entre collègues».

Il a admis avoir évoqué des considérations politiques avec Mme Wilson-Raybould lors d’une conversation en personne survenue le 17 septembre dernier. 

«Oui, j’ai mentionné que j’étais le député de Papineau [sa circonscription de Montréal]. Mais ce commentaire n’était pas de nature partisane», a-t-il affirmé.

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Mme Wilson-Raybould voit les choses d’un tout autre angle. Elle a soutenu la semaine dernière devant un comité parlementaire chargé de faire la lumière sur l'affaire SNC-Lavalin que les considérations politiques évoquées par le premier ministre étaient «très inappropriées».

C’est lors de cette même rencontre que Mme Wilson-Raybould a dit au premier ministre que sa décision de ne pas aider SNC-Lavalin à éviter un procès criminel était finale. 

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M. Trudeau admet avoir insisté auprès de Jody Wilson-Raybould pour que cette dernière continue d’étudier la question. Dans les semaines qui ont suivi, M. Trudeau et son entourage croyaient «que Mme Wilson-Raybould était toujours ouverte à considérer de nouveaux facteurs dans cette décision». 

«On apprend maintenant que non seulement elle n’était pas ouverte à cela, mais qu’elle considérait qu’à chaque fois qu’on lui en parlait, elle considérait que c’était inapproprié», a plaidé le premier ministre.

M. Trudeau soutient que cette divergence de point de vue a provoqué un bris de confiance entre son entourage et celui de Mme Wilson-Raybould. Il assure toutefois qu’il n’était pas au courant que la tension montait entre son principal conseiller et ami Gerald Butts et Mme Wilson-Raybould dans le dossier SNC-Lavalin.

Lors de son point de presse, M. Trudeau a insisté à plusieurs reprises sur le fait que lui et son bureau étaient d’abord préoccupés par les milliers d’emplois canadiens qui dépendent de la bonne santé de SNC-Lavalin.

«Pour moi et mon équipe, de continuer de parler d’un enjeu si important, ça fait partie de notre job», a lancé M. Trudeau.

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L’affaire SNC-Lavalin a provoqué la démission de la ministre des anciens Combattants Jody Wilson-Raybould et de la présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott. Les deux amies affirment que leur confiance envers le premier ministre a été ébranlée.

L’ex-bras droit de Justin Trudeau, Gerald Butts, a lui aussi démissionné dans la foulée de cette affaire. 

Jody Wilson-Raybould allègue avoir subi des pressions soutenues et inappropriées pour qu’elle intervienne afin d’éviter un procès criminel au géant de l’ingénierie SNC-Lavalin. Si elle est trouvée coupable, la multinationale pourrait être interdite de soumissionner sur les contrats fédéraux pendant 10 ans.

Mme Wilson-Raybould aurait refusé de plier. Elle a perdu son poste quelques semaines plus tard à la faveur d’un remaniement ministériel.

La firme québécoise est accusée par Ottawa d’avoir payé 48 millions $ en pots-de-vin à des responsables libyens de 2001 à 2011 dans le but d’obtenir des contrats gouvernementaux.