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«Merci pour tout»: deux sœurs en cavale

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Louise Archambault compare son quatrième long métrage, Merci pour tout, à un croisement entre Thelma et Louise, Fargo et Nebraska. «Pour le "road trip", la répartie, l’humour et les scènes d’hiver», énumère en entrevue la cinéaste, qui a trouvé en Magalie Lépine-Blondeau et Julie Perreault ses propres Thelma et Louise.

La réalisatrice de Familia et Gabrielle, qui nous offrira en 2019 Il pleuvait des oiseaux et qui a beaucoup œuvré à la télévision ces dernières années (Nouvelle adresse, Trop, etc) tourne présentement Merci pour tout, d’après un scénario original d’Isabelle Langlois (Lâcher prise, Rumeurs).

Celle-ci signe ici une première création pour le cinéma. Le producteur Amalga a jumelé les deux femmes pour élaborer cette comédie pure qui avancera sous forme de périple, et dans laquelle on reconnaîtra le style d’écriture mordant d’Isabelle Langlois.

«Les dialogues sont truculents et les situations sont à la limite du déjanté, mais jamais rocambolesques», a noté Claude Paiement, producteur délégué.

Quiproquo

Mercredi, l’équipe avait investi de ses camions et caméras un complexe funéraire de l’Est de Montréal, symbole représentatif de la trame de Merci pour tout.

Car c’est le décès de leur père aux activités pas très catholiques, Jean-Paul (Gilbert Sicotte, qu’on verra en «flashbacks» ou en prologue) qui poussera les sœurs Cyr, Christine (Magalie Lépine-Blondeau) et Marianne (Julie Perreault), à partir en cavale.

Pourtant en froid depuis un an, elles useront du prétexte que leur paternel leur a demandé de répandre ses cendres dans ses terres natales des îles de la Madeleine pour filer en voiture et fuir leur vie qui, dans les deux cas, ne les satisfont pas pleinement.

Elles seront pourchassées dans leur voyage par un fier-à-bras (Robin Aubert), lequel est financé par un magnat interprété par Guy Nadon. Or, un quiproquo se dessinera, car c’est à Jean-Paul que les deux criminels en veulent. Bruno (Aliocha Schneider), un jeune amant désespérément épris de Marianne, poursuivra également l’élue de son cœur au volant, surgissant de nulle part à tout moment.

 

Photo Courtoisie, Laurent Guérin, Productions Amalga

 

«C’est autant une intrigue d’action qu’une histoire de famille qui se raconte avec des personnages particulièrement savoureux. C’est rare, au Québec, qu’on a des films d’action avec des personnages féminins, aussi joyeusement imparfaits, mais touchants», a dépeint Louise Archambault.

Magalie chanteuse

Merci pour tout mettra en opposition les caractères diamétralement différents de ses deux héroïnes. Alors qu’en apparence, aucun pli ne vient entacher le soi-disant parfait quotidien de la blogueuse Marianne, Christine, qui est chanteuse, galère après avoir connu un succès éphémère. On entendra d’ailleurs Magalie chanter dans Merci pour tout. Patrick Hivon et Jean-François Pichette incarnent les conjoints des frangines.

«Elle est un peu à la croisée des chemins. On dirait que rien ne se produit comme elle le souhaiterait. Elle a un côté brouillon et bohème que je trouve attachant», a résumé Magalie Lépine-Blondeau au sujet de son personnage.

«Ce sont des sœurs en conflit, a précisé Julie Perreault. L’une dit quelque chose, l’autre grimpe dans les rideaux et décide de bouder. C’est leur dynamique. Mais leur intimité forcée les amènera à réaliser qu’elles ont plusieurs points en commun et à se retrouver, toutes les deux, dans une plus grande authenticité.»

Complicité réelle

En plus d’arborer une certaine ressemblance physique, Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau ont développé une belle complicité, elles qui se connaissaient déjà très bien. Elles s’étaient jadis croisées dans les décors de 19-2 et, au printemps 2016, Julie, qui achevait l’aventure 30 vies, passait en quelque sorte le flambeau à Magalie, qui s’apprêtait à vivre l’expérience de la série quotidienne avec District 31. La première avait alors «marrainé» la seconde en lui prodiguant des conseils.

«J’étais bien effrayée avant de commencer District et, Julie et moi, on s’était parlé longuement au téléphone. Cette conversation m’avait vraiment donné confiance et j’y ai ensuite référé souvent dans ma tête», a expliqué Magalie Lépine-Blondeau

Artistes et artisans de Merci pour tout concluront le tournage du film à la fin mars, aux îles de la Madeleine. Une quarantaine de lieux de tournage ont été réquisitionnés pour les besoins de la production.

Merci pour tout prendra l’affiche à la fin 2019.