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Prêts et de crédits d’impôt: un studio d’effets spéciaux fermé deux ans après son ouverture

Une soixantaine d’emplois perdus à la suite de la décision de Digital District

Toute trace de la présence de Digital District a déjà disparu des locaux  de la Cité du multimédia, dans le Vieux-Montréal. 
Photo Chantal Poirier Toute trace de la présence de Digital District a déjà disparu des locaux de la Cité du multimédia, dans le Vieux-Montréal. 

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Attiré à Montréal à coups de prêts et de crédits d’impôt, un studio français d’effets spéciaux vient de plier bagage, éliminant d’un seul coup une soixantaine d’emplois, a appris Le Journal.

Digital District est une maison de postproduction française spécialisée dans les effets visuels numériques, la conception d’animation et l’étalonnage couleurs.

Elle est présente à Montréal depuis 2017, grâce à l’appui de Montréal International, notamment. Investissement Québec lui a aussi offert un prêt de 426 000 $.

L’entreprise aurait par ailleurs, selon toute vraisemblance, bénéficié de crédits d’impôt pour la production cinématographique de la part de Revenu Québec.

Cela ne l’a pas empêché de fermer les portes de son studio du Vieux-Montréal, il y a quelques semaines. Près d’une soixantaine de personnes auraient alors perdu leur emploi, selon les informations recueillies par Le Journal. En période de pointe, le studio avait déjà compté près de 150 employés.

Blâmant l’équipe de gestionnaires locale, le PDG de la société française, David Danesi, a décidé de mettre la clef sous la porte principalement pour des raisons financières, a-t-il expliqué au Journal.

« On ne part pas en quittant avec la caisse d’épargne. On a énormément investi de nos propres fonds pour développer une filiale à Montréal. [Mais] c’est un vrai échec sur le sol canadien, poussé par la malveillance de l’équipe de gestion en place », a-t-il assuré.

Digital District Montréal aurait perdu près de 3 millions $ en deux ans, selon lui.

D’autres soutiennent que Digital District a préféré concentrer ses activités en Inde, où elle possède également un studio, afin de réaliser des économies.

Une de perdue...

Bien qu’il déplore cette fermeture, Stéphane Paquet, le vice-président Investissements étrangers et organisations internationales de Montréal International, rappelle que ce secteur a connu une croissance exponentielle à Montréal au cours des dernières années.

La pénurie de main-d’œuvre dans le secteur des effets spéciaux est telle que les studios font des pieds et des mains pour conserver leurs employés actuels.

« Il y avait 500 personnes à Montréal, on est rendu à 5000. Oui, on trouve ça dommage que quelqu’un comme Digital District ferme, mais la réalité c’est qu’on a 10 fois plus de gens qui travaillent dans le domaine, et que tous les employés se sont déjà replacés ailleurs », a réagi M. Paquet en entrevue.

Du côté d’Investissement Québec, qui a consenti un prêt avec intérêt de 426 000 $, on affirme qu’une partie de cette somme n’a toujours pas été remboursée.

« L’entreprise ayant fait cession de ses biens, l’évaluation de ces derniers doit maintenant avoir lieu avant d’envisager la suite en termes de récupération pour IQ », explique la porte-parole, Isabelle Fontaine.

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2013

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2014

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2017

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