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Anglade pète plus haut que quoi?

Anglade pète plus haut que quoi?
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Les états d’âme de Dominique Anglade 

Déjà controversée, la girouette Dominique Anglade, ex-ministre libérale de l’Économie, devrait se tenir tranquille, elle qui a été réélue en 2018, seulement à cause qu’elle a été parachutée par le PLQ dans un château fort de ce parti composé de beaucoup d’anglophones et d’allophones, soit le comté de Saint-Henri-Sainte-Anne. C’est en 2015 que la vire-capot, ex-présidente de la Coalition avenir Québec, est passée au PLQ afin de devenir ministre, ce que lui avait alors promis Philippe Couillard: «Une ex-présidente de la CAQ rejoint les rangs des libéraux» (Le Journal de Montréal, 25 septembre 2015).  

Elle qui, juste avant de défroquer, affirmait pourtant qu’il y avait des odeurs de corruption au PLQ. Ça, là-dessus, il faut lui donner raison, car cela a été démontré par des faits. Et c’est aussi ce que pensait la population: «Une majorité de Québécois juge le gouvernement Couillard corrompu» (La Presse, 12 novembre 2016). Alors, pourquoi a-t-elle joint un parti corrompu? Quelles étaient ses intentions profondes? La madame nous a servi comme justification light le fait que le PLQ avait bien changé en quelques mois. Avec elle, c’est toujours du n’importe quoi. Que voulez-vous, c’est plus fort qu’elle. Ça fait partie de sa nature: «Anglade au PLQ. Le contexte politique [du PLQ] a bien changé depuis 2012» (Le Devoir, 26 septembre 2015). Vous m’en direz tant! Ah oui, elle a aussi expliqué son transfert en disant cette autre perle de non-sens: «Anglade dénonce les positions radicales de la CAQ» (La Presse, 26 septembre 2015). Ben non, les mesures d’austérité du PLQ et de madame Anglade n’étaient pas du tout radicales. Elles étaient progressistes et soft je suppose? Même si: «L’austérité a fait mal. Les services publics au plus bas en dix ans, dit la protectrice du citoyen» et Couillard lui-même a affirmé sans broncher et sans aucun remord que: «Les coupes [de rigueur, qu’il disait] ont touché les plus vulnérables, admet Couillard» (Le Journal de Montréal, 29 septembre et Le Devoir, 23 septembre 2015). 

Élever le débat? Ai-je bien entendu? 

En lisant le texte de TVA Nouvelles du 24 février 2019, je me suis d’abord dit qu’il y avait une erreur sur la personne. Mais non, ce n’était ni une erreur ni une fake news, Dominique Anglade a vraiment appelé à «élever le débat à l’Assemblée nationale». Ce n’est pas gentil pour les députés du PQ, de la CAQ, de QS et même du PLQ. Elle n’a pas de complexe, sauf de supériorité bien évidemment. Alors, on devrait la faire intervenir et parler plus souvent à l’Assemblée nationale afin d’enrichir le contenu des contenants politiques. Et les médias d’information devraient lui faire beaucoup de place. Les journalistes devront faire preuve d’humilité et demander des explications quand ils ne comprennent pas la substance et la profondeur des réflexions «élevées» de Dominique Anglade. Et aussi, ils devront faire un travail de vulgarisation pour le monde ordinaire que nous sommes.  

Mal placée pour faire la leçon 

Il n’y a rien à faire avec des gens comme madame Anglade. Leurs problèmes sont structuraux en termes de suffisance et de condescendance. Et dire qu’elle aspire à devenir chef du Parti libéral du Québec. Avec ce que le PLQ nous a fait endurer et subir lorsqu’il a été très et trop longtemps au pouvoir, il la mérite bien. Vous croyez que j’ai sauté les plombs, alors lisez attentivement le titre de cet article publié le 3 février 2016 par l’Agence QMI: «Vente de RONA. Une transaction bénéfique pour le Québec, selon la ministre de l’Économie Anglade». Alors, on devrait vendre Metro, CGI, Québecor, Hydro-Québec, etc. à des étrangers afin de s’enrichir. Et ça vient nous dire sans aucune gêne qu’il faut élever le débat. 

Un autre missile songé catapulté par madame Anglade: «Avions C Series de Bombardier. La vente à Airbus était inévitable, dit la ministre Anglade» (Le Journal de Montréal, 30 janvier 2018). La dame et son parti ont injecté 1,3 milliard $ de notre argent dans cette affaire-là. Ce n’était pas du tout une vente, mais un don! Airbus a reçu gratos la C Series, est-ce assez clair? Et dire que son chef voulait moins d’État: «Couillard critique l’intervention de l’État dans l’économie» (Le Devoir, 7 mars 2014). Moins d’intervention de l’État sauf quand vient le temps d’allonger des milliards de dollars en fonds publics au secteur privé. C’est du socialisme à l’envers pratiqué par nos gouvernements: plus de fonds publics et de cadeaux fiscaux aux entreprises et aux riches et moins aux autres. 

Si vous voulez pomper un peu beaucoup, lisez le récent texte de Charles Lecavalier paru dans Le Journal de Montréal du 19 février 2019 et intitulé: «Le coup fumant d’une parfaite inconnue [mais pas pour les libéraux] de l’industrie. Des prêts d’Investissement Québec et un contrat [d’achat d’électricité à 12 ¢ le kWh pendant 25 ans, ça donne 800 millions de revenus] d’Hydro-Québec à Nexolia [la compagnie de Vicky Lavoie, une néophyte dans les domaines forestiers et de l’électricité] enrichissent [outrageusement avec notre argent pigé dans nos poches] une mystérieuse femme d’affaires [pseudo femme d’affaires je dirais].» Une autre patente du PLQ, de Dominique Anglade et des «experts» du PLQ, comme Leitao, Coiteux, Arcand et cie, qui n’a aucun bon sens, sauf si on le prend d’un point de vue du genre satisfaire les intérêts particuliers de certains. Et l’ex-ministre Anglade de répondre à ce coup fumant: «Elle a commenté le dossier en soutenant qu’il est normal que le gouvernement prenne des risques...» Prendre des risques avec l’argent du peuple, c’est très facile. Quand ce n’est pas son propre argent, elle se sent très lousse et très généreuse. Un projet générateur de richesse, d’emplois, etc., toujours le même baratin que la dame a entonné, comme à son habitude. Son projet fabuleux s’est avéré un flop monumental qui a servi à enrichir une arriviste. Si c’était le bon projet, pourquoi l’affairiste Vicky Lavoie n’a pas été voir une banque privée? 

L’opportuniste 

Antoine Robitaille, chroniqueur au Journal et animateur à QUB radio était auparavant au Devoir. En fouillant dans mes dossiers de vieux journaux, j’ai réussi à dénicher ce trésor journalistique constitué d’une chronique d’Antoine Robitaille publiée le 28 septembre 2015 dans Le Devoir consacrée à Dominique Anglade et intitulée «L’opportuniste». Bien dit de la part de monsieur Robitaille, lui qui a aussi dit que «madame Anglade est depuis longtemps une adepte de l’opportunisme». En septembre 2005, le journal Les Affaires a posé cette question à plusieurs jeunes personnalités: «Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu?» Réponse de madame Anglade: « Lorsqu’une occasion se présente, si on l’analyse trop, elle finit par passer. Il faut la saisir et après se demander comment on va faire pour que ça fonctionne.» Ayoye! Et ça se permet de faire la morale aux autres.  

Et comme toute bonne carriériste 

Pour se faire voir davantage, madame Anglade a lancé en 2011, avec des gens qui lui ressemblent, un groupe supposément de réflexion (ça volera pas haut) qui luttera contre l’immobilisme au Québec (très original et très audacieux) et qui se nommera «Sortie 13» (Le Devoir, 14 septembre 2011). Le groupe de réflexion a eu une vie courte. Les autres fondateurs étaient aussi opportunistes qu’elle et aimaient les caméras et les micros, comme Steven Guilbault (l’écologiste rendu consultant dans le privé), Mélanie Joly (la ministre qui parle pour mieux s’écouter) et d’autres. Le Québec n’est pas sorti du bois si la relève est composée de jeunes visionnaires comme eux.