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Climat de travail tendu sur le chantier d’IKEA à Beauharnois

Le centre de distribution alimentera les magasins québécois et ontariens

Centre de distribution de IKEA
Photo Pierre-Paul Poulin Malgré les tensions sur le chantier, aucun retard ou impact sur les magasins n’est prévu, a assuré au Journal la porte-parole d’IKEA Canada, Kristin Newbigging.

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Les relations de travail s’enveniment sur le chantier de construction du mégacentre de distribution IKEA de Beauharnois.

Une trentaine de griefs ont été déposés contre son sous-traitant Schäfer, qui a même fait appel à la police pour expulser un représentant syndical, a appris Le Journal.

« On a près d’une trentaine de griefs contre eux pour non-respect de la convention collective. On dépose des plaintes avec la Commission de la construction du Québec (CCQ) », explique Sylvain Boivin du Local 711 de l’Association internationale des travailleurs en ponts, en fer structural et ornemental.

Expulsé par la police

IKEA bâtit en ce moment à Beauharnois son centre de distribution à la fine pointe de la technologie de 1,2 million de pieds carrés, lequel doit desservir ses magasins du Québec et de l’Ontario. Or, des syndiqués disent être en conflit avec l’un de ses sous-traitants.

« On a affaire à une compagnie, Schäfer, qui a beaucoup de misère avec le respect des lois québécoises, dont la loi R-20, qui nous permet de visiter le chantier », déplore M. Boivin, qui s’est fait expulser du site par la police de Châteauguay le 27 février dernier.

M. Boivin ajoute que Schäfer a licencié un travailleur de son syndicat le lendemain de son expulsion. « Je n’ai jamais vu ça en douze ans de carrière de représentant syndical », dit-il.

Jointe par Le Journal, la directrice du marketing de Schäfer, Sharon Wahrmund, n’avait pas la même lecture de la situation.

Mme Wahrmund a plutôt indiqué qu’un employé licencié pour violation de la politique de santé et de sécurité était revenu sur son lieu de travail et que son entreprise avait fait appel aux policiers pour lui demander de quitter les lieux.

Pour ce qui est de la trentaine de griefs à l’endroit de Schäfer, Sharon Wahrmund n’a pas voulu les commenter pour qu’ils suivent « leur processus de traitement habituel ».

« Schäfer s’est conformée à toutes les exigences du droit québécois, y compris la loi R-20, ainsi qu’à toute question posée par le syndicat ou par la Commission de la construction du Québec [CCQ] concernant ce site », a-t-elle insisté.

Préoccupé

Mis au courant de l’affaire par Le Journal, IKEA Canada s’est dit préoccupé.

« Nous prenons ces rapports très au sérieux. Nous enquêterons auprès de nos partenaires tiers, afin de faire la lumière sur cette affaire », a assuré sa porte-parole, Kristin Newbigging.

De son côté, le directeur des communications de la firme Broccolini, responsable de la conception et de la construction du centre d’IKEA, a voulu calmer les tensions.

« Même si ce n’est pas nous qui avons engagé Schäfer, il reste que c’est nous l’entrepreneur général et, techniquement, c’est notre site, c’est notre chantier, donc on veut que tout se passe le mieux possible dans l’harmonie », a conclu Jean Langlois.


Le futur centre de distribution d’IKEA à Beauharnois

  • Coût : 400 millions $
  • Superficie : 1,2 million de pieds carrés
  • Achèvement des travaux : fin 2019
  • Provinces desservies : Québec et Ontario

3 entrepôts

  • Un conventionnel de 65 pieds de haut
  • Un automatisé de 118 pieds de haut
  • Un entrepôt de 43 pieds de haut

Source : Broccolini et Ikea