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Les beaux malaises de Ricky Gervais

Le Britannique livre la comédie de l’année. Oreilles sensibles, s’abstenir !

Minisérie de six épisodes écrite et réalisée par Ricky Gervais, After Life trace le touchant — et hilarant — portrait d’un homme en dépression qui a perdu tout filtre depuis la mort de son épouse.
Photo courtoisie, Natalie Seery, Netflix Minisérie de six épisodes écrite et réalisée par Ricky Gervais, After Life trace le touchant — et hilarant — portrait d’un homme en dépression qui a perdu tout filtre depuis la mort de son épouse.

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Ricky Gervais se surpasse avec After Life, une nouvelle série de Netflix qui alterne avec virtuosité entre blagues choquantes et moments touchants. Comme si Martin Matte avait poussé Les beaux malaises encore plus loin.

(Avertissement : cette critique — tout comme la série qu’elle décortique — peut contenir un langage inapproprié. Vous aurez été prévenus.)

Mise en ligne le mois dernier, la bande-annonce d’After Life laissait présager une comédie bourrée de passages politiquement incorrects, comme cette scène tirée du premier épisode : Gervais déambule le long d’une cour d’école... À travers la clôture, un enfant le traite de « pédo ». Sa réponse : « Je ne suis pas un pédophile. Et même si je l’étais, tu n’aurais rien à craindre, mon petit connard de rouquin obèse. » Ouch !

Attendrissant

Des répliques du genre, caustiques et délicieusement inappropriées, chaque épisode en contient une bonne douzaine. C’est ce qu’on attendait de Gervais, qui réalise et écrit la série.

Ce qu’on attendait moins, voire pas du tout, c’était d’être profondément attendri par certaines séquences.

Parce qu’entre deux gags politiquement incorrects, After Life raconte une histoire pleine d’humanité, celle de Tony (Gervais), un homme déprimé depuis qu’il a perdu sa femme, morte d’un cancer. Après avoir contemplé le suicide, le veuf éploré décide de vivre, mais sans compromis, c’est-à-dire en disant tout ce qu’il veut, quand il veut.

Un passant lui reproche de promener sa chienne sans laisse ? Il s’excuse, se retourne vers son animal et s’exclame, tout haut : « Qu’est-ce que tu dis, Brandy ? Mais non, cet homme n’est pas un gros suceur de queues poilu. Mauvaise fille, Brandy ! Faut pas dire ça. » Encore une fois, ouch !

Le tour de force d’After Life, c’est d’arriver à émouvoir le téléspectateur moins de 30 secondes après l’avoir percuté avec quelque chose d’aussi caustique. Cet exploit témoigne des talents de réalisateur, d’auteur et d’acteur du créateur de The Office. Certes, les détracteurs de Gervais diront qu’il joue son propre rôle, mais peu importe.

Son interprétation est juste et sentie. Et c’est tout ce qui compte.

Pour public averti

Les autres comédiens participent également au succès d’After Life, à commencer par Tom Basden, en beau-frère et patron hyper compréhensif, David Bradley, en photographe paresseux, Ashley Jensen, en infirmière dévouée, et Roisin Conaty, en prostituée de bas étage qui considère ses petites mains comme son « meilleur atout parce qu’elles donnent l’impression aux clients qu’ils possèdent un énorme pénis ».

Ceux qui connaissent Ricky Gervais reconnaîtront son ADN dans chacune des scènes. Son amour des animaux, son athéisme militant, son sens de l’autodérision... Parfois, on sent même qu’il en profite pour passer des messages aux trolls qui s’offusquent devant tout ce qu’il écrit sur Twitter.

Espérons qu’aucun d’entre eux n’écoute After Life. Il pourrait ne jamais s’en remettre.


► After Life est diffusé sur Netflix. Une version française est également offerte.

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