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Marie-Ève Dicaire : un combat de tous les jours

Marie-Ève Dicaire : un combat de tous les jours
PIerre-Paul Poulin / JdeM

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Dans le cadre de la Journée internationale des femmes, ce vendredi 8 mars, l’Agence QMI propose une entrevue avec la boxeuse Marie-Ève Dicaire, championne du monde IBF des poids super-mi-moyens.  

La boxeuse québécoise Marie-Ève Dicaire, championne du monde IBF des poids super-mi-moyens, livre un combat quotidien. Son objectif paraît pourtant simple : obtenir de la reconnaissance pour ce qu’elle fait et non pas pour l’image qu’elle projette. 

«En début de carrière, avant d’être reconnue pour ma boxe, j’entendais les gens dire : "Marie-Ève est charismatique, Marie-Ève est volubile, Marie-Ève est belle", mais j’avais le goût qu’on me dise que je boxe bien aussi, a-t-elle mentionné, dans une généreuse entrevue accordée à l’Agence QMI. 

«Avant tout, je veux être reconnue pour ce que je fais dans le ring. Maintenant que je suis championne du monde, le discours a un peu changé. J’entends dire : "Marie-Ève est une athlète extraordinaire, elle boxe bien et en plus, elle est belle". Ça fait toute la différence et c’est même très gentil!», a ajouté Dicaire, en riant. 

Marie-Ève Dicaire : un combat de tous les jours
AFP

Pendant l’entrevue, la boxeuse trace elle-même un intéressant parallèle avec le Canadien de Montréal, le club de son enfance, pour appuyer sa réflexion. 

«Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup Kirk Muller, pas parce qu’il était beau, mais parce qu’il était bon, a-t-elle noté, en plongeant dans ses vieux souvenirs. Mon coup de cœur, c’était Patrick Roy avec son nez croche. Il y avait Vincent Damphousse, Mike Keane, il y avait Russ Courtnall aussi. Lui, il patinait vite.» 

La femme de 32 ans, originaire de Saint-Eustache, tente de présenter son point de vue, comme elle décroche son jab. Avec le plus de précision possible afin d’atteindre la cible de plein fouet. 

Aussi populaire que Lucas et Bute? 

Au moment même de faire la promotion de ses combats, Dicaire veut bien jouer ses cartes pour obtenir le respect qu’elle mérite comme athlète. Son promoteur Yvon Michel doit également miser juste en plaçant son talent en avant-plan. 

«Marie-Ève a la potentiel d’être aussi populaire qu’Éric Lucas et Lucian Bute l’étaient, avance-t-il. On parle ici de deux champions qui étaient très charismatiques, près des gens, très généreux de leur temps. La population du Québec aimait s’identifier à eux. Marie-Ève a aussi tout ça.» 

Marie-Ève Dicaire : un combat de tous les jours
PIerre-Paul Poulin / JdeM

«Tout ce qu’elle a besoin, maintenant, c’est de prouver sur le ring qu’elle appartient aux athlètes de haut niveau, explique le promoteur, reconnaissant que la boxe féminine est encore en pleine progression. Oui, elle est championne du monde, mais il reste encore un chemin à parcourir.» 

Dicaire réagit à cette comparaison offerte par le patron du groupe GYM. 

«C’est énorme : ce sont des idoles que je regardais quand j’étais plus jeune, a-t-elle indiqué, à propos de Lucas et Bute. Qu’on me dise que j’ai ce potentiel-là, c’est très flatteur. Par contre, je sais que ça ne se fera pas tout seul. C’est en travaillant dur qu’on va peut-être y arriver.» 

Dans un milieu d’hommes 

L’ultime défi de Marie-Ève Dicaire est grand : légitimiser la place de la femme dans les sports de combat. 

«Souvent, on me demande comment c’est, d’évoluer dans un milieu d’hommes. Je réponds qu’on a encore du chemin à faire, mais qu’on en a déjà fait en "sapristi", avait-elle mentionné le 26 février, en conférence de presse, en marge de son combat prévu le samedi 23 mars au Casino de Montréal. La plupart du temps, dans le "gym", je suis "one of the boys". Je m’entraîne comme eux, je fais comme eux et même parfois, à mon grand désarroi, certains oublient que je suis une fille. Heureusement, je pense que j’ai beaucoup de considération pour le travail effectué dans le gymnase. Les gens du milieu le reconnaissent.» 

Yvon Michel a aussi noté une grande amélioration dans la situation entourant Dicaire. 

«Tous les boxeurs de notre prochain gala sont fiers d’être sur la carte de Marie-Ève, a-t-il indiqué. Mais en remontant pas très loin, soit la première fois qu’elle a fait une demi-finale au Casino, plusieurs boxeurs sur la carte étaient jaloux et se demandaient ce qu’elle avait fait pour mériter une telle position dans la soirée. Elle a déjà fait parcourir beaucoup de chemin au niveau de la crédibilité accordée aux femmes dans le monde de la boxe au Québec.»