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L’Alberta se défend de cibler le Québec avec ses pubs «propétrole»

La première ministre Notley chante les louanges du pipeline Trans Mountain

La campagne marketing « Canada Travaillant Ensemble », qui fait la promotion du pipeline Trans Mountain, vient d’être déployée sur YouTube, Facebook et Twitter.
Photo Martin Chevalier La campagne marketing « Canada Travaillant Ensemble », qui fait la promotion du pipeline Trans Mountain, vient d’être déployée sur YouTube, Facebook et Twitter.

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Le gouvernement de l’Alberta se défend bien de cibler les Québécois avec sa nouvelle campagne de publicité web à 50 000 $, qui vante à gros traits l’agrandissement du pipeline controversé Trans Mountain.

« Il n’y a pas de campagne Keep Canada Working qui cible spécifiquement le Québec. Cependant, le gouvernement de l’Alberta a consacré plus de 50 000 $ afin de pouvoir parler de Trans Mountain aux Canadiens francophones à travers le Canada », explique au Journal Thomas Adams, un porte-parole du gouvernement albertain. En décembre dernier, lors de la rencontre des premiers ministres à Montréal, l’Alberta a payé pour 84 000 $ de publi­cité afin de vendre Trans Mountain aux Québécois.

Or, Le Journal a appris que la province de l’Ouest vient de lancer une autre offensive à 50 000 $ sur les réseaux sociaux, ce qui fait gonfler la facture totale à 134 000 $.

« Industrie saine »

Sur le site web de la campagne Canada Travaillant Ensemble, on affirme que « le secteur pétrolier et gazier rapproche le Canada de son objectif d’un avenir énergétique propre ». On dit aussi que « les pipelines soutiennent une industrie énergétique saine ».

À coup de citations du premier ministre Justin Trudeau, du maire de Calgary et de vidéos de la première ministre de l’Alberta Rachel Notley, on vante Trans Mountain.

Plus de 15 milliards $ de retombées économiques ont filé entre les doigts des Canadiens depuis l’arrêt de sa construction le 30 août dernier, dénoncent-ils.

Goutte d’eau

De son côté, le professeur agrégé au département d’économique à l’Université Laval, Patrick Gonzalez, estime que cette opération de charme est de bonne guerre, après des mois monopolisés par des groupes environnementaux très visibles dans les médias.

« Je ne trouve pas que ce sont des montants très élevés. Je trouve même qu’ils ont beaucoup tardé à faire ça. Ils auraient dû le faire depuis longtemps », analyse l’expert en énergie, qui rappelle que l’économie de l’Ouest est intimement liée au pétrole.

Un avis qui fait bondir le porte-parole de la Fondation David Suzuki, Diego Creimer. « L’Alberta et les compagnies pétrolières devraient plutôt investir chaque sou dans la transition énergétique et la recherche de solutions », martèle-t-il.

Joint par Le Journal, Pierre-Yves Boivin, directeur du cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien, préfère éviter de parler de « pétrole sale », comme l’a fait François Legault en décembre dernier.

« Trans Mountain est un projet qui concerne le gouvernement fédéral et d’autres provinces. Il n’appartient pas au gouvernement du Québec de s’immiscer dans les échanges entre ces gouvernements quant à ce projet », se limite-t-il à dire.

Chronologie du pipeline Trans Mountain

  • Février 1952 : début de sa construction
  • Novembre 2016 : Ottawa approuve son agrandissement
  • Mai 2018 : Ottawa annonce qu’il va l’acheter pour 4,5 milliards $
  • Août 2018 : la Cour fédérale suspend le projet
  • Février 2019 : l’Office national de l’énergie (ONE) recommande son agrandissement

Source : Canada Travaillant Ensemble et gouvernement du Canada