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Bactéries dans l’équipement de hockey: à l’hôpital à cause d’une infection

Dossier poche de hockey
Photo Chantal Poirier Patrick Lamoureux, qui est pompier sur la Rive-Sud, n’aurait jamais cru qu’une banale blessure au hockey l’obligerait à recevoir des antibiotiques par intraveineuse pendant plusieurs jours après une infection au coude.

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Le joueur de hockey Patrick Lamoureux s’est retrouvé à l’hôpital et alité plusieurs jours, non pas à cause d’une commotion cérébrale ou d’une jambe cassée, mais en raison d’une bactérie qu’il n’a jamais vue venir.

« Étourdissements, fatigue, fièvre », énumère le joueur de 45 ans sur les inquiétants symptômes qui l’ont amené à l’hôpital.

Son coude a rapidement enflé et rougi. « Je voyais bien que c’était une infection, mais j’étais surpris », souffle-t-il.

Pourtant, quelques jours avant, il n’avait fait qu’une chute sur la glace en jouant au hockey, avec une banale blessure à son articulation. Jamais il n’aurait imaginé en arriver là, et encore moins d’avoir besoin de cinq jours d’antibiotiques par intraveineuse pour vaincre la bursite infectieuse.

Ce n’est qu’un des Québécois qui vivent un souci de santé relié à l’équipement. Il s’agit d’un problème sérieux puisque Hockey Québec met en garde contre une « augmentation marquée des infections graves » dans son guide d’information sur la sécurité destiné aux équipes.

Joueurs à risque

L’organisation a refusé d’en dire davantage, rappelant seulement de nettoyer l’équipement régulièrement.

Car les hockeyeurs ont « plus de risques d’avoir ce genre d’infection », soutient le microbiologiste Karl Weiss, aussi président de l’Association des médecins microbiologistes-infectiologues du Québec, en raison des contacts et blessures.

Il décrit le cas classique d’un joueur avec quelques égratignures qui peuvent devenir les points d’entrée d’une infection.

« Faut garder l’équipement propre pour éviter que s’il y a une abrasion ou une coupure [le joueur] ait une bactérie », ajoute le médecin sportif Vincent Lacroix de la clinique AXiO. Surtout que l’équipement, en contact direct sur la peau, est propice à leur développement à cause de la sueur et l’humidité.

Cette situation a aussi été bien décrite dans diverses études américaines au hockey, au football ou dans des sports de combat.

Devant ce phénomène, Le Journal a testé l’équipement de sept joueurs de hockey. L’expérience a permis d’identifier plusieurs pathogènes, certains inoffensifs, mais d’autres pouvant causer des infections graves.

Aussi chez les jeunes

Le fils de Simon De Blois l’a lui aussi vécu il y a trois ans, alors âgé de sept ans. Joueur de hockey, son fils a développé une rougeur et une excroissance rugueuse au bras. Rapidement, la plaie a pris la taille d’un 25 ¢.

Venant d’une famille de hockeyeurs, Simon De Blois avait entendu parler du « Gunk » des années 1970 ou de démangeaisons. Mais la plaie de son fils ne leur ressemblait pas, et ça l’inquiétait.

« C’était stressant de ne pas savoir », dit-il. Le dermatologue consulté par la famille a pointé du doigt l’équipement pour l’infection, appelée molluscum contagiosum. Ils ont tout jeté aux poubelles et ont dû racheter du neuf pour éviter de nouveaux problèmes, dit-il.