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Je voterais vraisemblablement encore oui

Accompagné du premier ministre Jacques Parizeau et du chef du Bloc québécois Lucien Bouchard, Mario Dumont participait à une conférence de presse pour le camp du Oui, le 21 septembre 1995.
Photo d'archives, La presse canadienne Accompagné du premier ministre Jacques Parizeau et du chef du Bloc québécois Lucien Bouchard, Mario Dumont participait à une conférence de presse pour le camp du Oui, le 21 septembre 1995.

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Je me suis appliqué dans les deux premières chroniques de cette série à démontrer que depuis un demi-siècle, le Québec a posé des gestes qui s’apparentent à la souveraineté. Assez pour qu’une bonne partie de la population sente que nous vivons un peu comme si la souveraineté était faite.

Mais le Québec est toujours une simple province canadienne. Suscep­tible de se faire dire non comme François Legault l’a vécu récemment dans quelques dossiers.

Dois-je conclure que le projet d’indépendance a perdu son sens ? La réponse est non. Il n’est pas d’actualité ces années-ci. Sur le plan électoral, cela se traduit par une érosion du vieux clivage Oui-Non. Personnellement, le discours souverainiste récent me parle peu.

Néanmoins, Parce que le poids politique du Québec s’effrite dans le Canada. Parce que le Canada n’est pas la Confédération qu’on nous a promise en 1867, mais bien une fédération qui vit périodiquement ses cycles de centralisation.

Discours essoufflé

Ceux qui ont fait la promotion de la souveraineté ces dernières années n’ont pas saisi la transformation du Québec. Plusieurs de leurs arguments ne parlent pas du tout à la population, en particulier à la nouvelle génération.

L’oppression des « Anglais » relève de l’histoire ancienne. Contraint de jouer défensivement sur son option fondamentale depuis l’échec de 1995 et le discours malheureux de Jacques Parizeau, le PQ incarne l’échec d’un mouvement.

Avoir un pays pour être un peuple « normal ». Vouloir un siège aux Nations unies et dans les autres forums­­­ internationaux. Ces arguments laissent le peuple indifférent.

Les souverainistes ont aussi voulu se coller à la saveur du jour. Il fallait faire la souveraineté pour se débar­rasser de Stephen Harper. Maintenant, il faudrait la faire pour se libérer de la dépendance au pétrole.

Du gros ridicule qui s’accroche à des situations temporaires pour convaincre les gens de faire un énorme changement permanent.

Les jeunes

Pour revenir un jour au programme, la souveraineté fait face à deux défis. D’abord, rallier les jeunes. À la base de l’idée même d’indépendance, il y a la survie de notre identité. Comment l’expli­quer à certains d’entre eux pour qui la notion même d’identité n’existe pas ou pire, représente quelque chose de négatif ? Une partie de notre jeunesse ne semble avoir d’autre identité que le seul fait d’être « inclusif ».

Finalement, il y a Montréal. Comme plusieurs des grandes villes du monde, la métropole se détache du reste du Québec. Comme Vancouver ou Toronto, elle vise ce statut de grande ville internationale dépourvue d’ancrage local. Pas fort pour être le fer de lance du Québec souverain.

La souveraineté encore possible ? Il faut avoir une solide dose de foi et encore plus de patience.

Chose certaine, en négligeant le nationalisme québécois et en embrassant l’identité canadienne, le PLQ a subi en octobre dernier sa plus grande défaite en 150 ans. Comme quoi le peuple québécois n’a pas perdu sa capacité de rebondir.