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SNC-Lavalin : le gouvernement complice de corruption

Bloc SNC-Lavalin
Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

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Une des lois les plus stupides du Canada est celle qui interdit aux entreprises canadiennes d’utiliser la corruption pour obtenir des contrats à l’étranger. Cette loi existe aussi dans d’autres pays démocratiques. Mais elle est le plus souvent allègrement contournée.  

Le problème avec cette loi est que la très vaste majorité des pays du monde fonctionne avec de la corruption. Si l’on se fie à l’indice de corruption de Transparency International, seuls une cinquantaine de pays sur 180 obtiennent une note supérieure à 50%. Parmi les pays très corrompus, sous la barre des 50%, se trouvent l’Italie, les pays africains, Cuba, la Roumanie, l’Inde, la Chine, la Turquie, le Pakistan, etc.   

Corrompre sans se faire prendre  

Que faut-il penser des entreprises internationales qui brassent des affaires dans ces pays ? Sont-elles blanches comme neige ? Bien-sûr que non. Plusieurs étudiants internationaux m’ont souvent rapporté que certains cours de maîtrise dans les écoles d’administration des Affaires auraient très bien pu porter comme titre : Comment corrompre sans se faire prendre.   

La situation est d’autant plus ridicule que les entreprises internationales de la plus grande puissance économique du monde, la Chine, n’hésitent pas à recourir à la corruption pour obtenir des contrats dans des pays étrangers.  

La Libye est notoirement corrompue  

SNC-Lavalin a obtenu des contrats en Libye. La Libye est le 11e pays le plus corrompu au monde. Le pays était tout aussi corrompu du temps de Kadhafi. Est-ce qu’une seule entreprise pouvait obtenir des contrats en Libye sans corruption ? Il est possible d’en douter fortement. SNC-Lavalin a joué le même jeu que toutes les autres entreprises internationales.  

Naïveté   

Bien évidement, en droit, la corruption des uns n’excuse pas celle des autres. Le problème ici est qu’au nom de la lutte à la corruption, des personnes naïves, mais bien intentionnées, ont décidé d’interdire aux entreprises des pays démocratiques peu corrompus d’utiliser la corruption pour signer leurs contrats à l’étranger. Le résultat est que la corruption est devenue plus sournoise et que les compagnies de pays plus réalistes ont conquis des marchés où la corruption est plus ouverte. Tous ceci parce que pour certains bien-pensants, la corruption est d’abord et avant tout la faute des pays occidentaux.   

La corruption provient de l’intérieur  

Mais la vérité est que la corruption émane des sociétés où elle se déploie. Une compagnie internationale ne va jamais même songer à utiliser la corruption au Danemark pour obtenir un contrat. Ce pays est le moins corrompu au monde. Mais pour Haïti, cette considération sera parmi les premières à l’étude.   

Un crime grave  

La corruption est un crime grave. Le Canada ne doit jamais sous aucun prétexte tolérer la corruption sur son propre territoire. Mais imposer de telles règles aux entreprises canadiennes qui œuvrent à l’international dans des pays corrompus est ridicule et moraliste.   

La solution  

La solution consiste à laisser chaque pays règlementer son propre marché. Que les entreprises canadiennes et étrangères se livrent à la corruption là où ce genre de pratiques est la règle n’a rien de choquant. La loi qui interdit aux entreprises canadiennes d’utiliser la corruption à l’étranger devrait être amendée pour autoriser ces pratiques dans les pays très corrompus.   

Complicité du gouvernement  

Sinon, le gouvernement canadien devrait interdire aux compagnies canadiennes de vendre leurs produits dans environ 130 pays de la planète. Or, le gouvernement canadien fait l’inverse, il encourage des entreprises comme SNC-Lavalin à œuvrer partout dans le monde, y compris dans les pays qui sont notoirement corrompus. En ce sens, le gouvernement canadien a hypocritement encouragé SNC-Lavalin se livrer à la corruption dans des pays comme la Libye. Le gouvernement canadien est coupable de complicité dans l’affaire SNC-Lavalin de Libye.  

  

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