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Un Bombardier essaie d’imaginer l’avenir de l’aviation internationale

Charles Bombardier s’est trouvé un emploi au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale

Charles Bombardier
Photo Sylvain Larocque Charles Bombardier

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Les concepts surréalistes imaginés par un petit-fils de Joseph-Armand Bombardier lui auront permis de décrocher un emploi au sein de la plus prestigieuse agence internationale établie à Montréal.

Depuis septembre, Charles Bombardier est conseiller principal à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Pour le 75e anniversaire de l’institution, il organise un concours dans lequel il invite jeunes et moins jeunes à soumettre des idées, des concepts ou des prototypes sur le thème du transport aérien de demain.

335 concepts en six ans

M. Bombardier, 44 ans, s’y connaît en concepts futuristes. Au cours des six dernières années, il en a produit pas moins de 335, soit plus d’un par semaine en moyenne. Il les publie sur son site (imaginactive.org) et permet à n’importe qui de les utiliser gratuitement.

« L’idée de départ, c’était d’avoir de la rétroaction avant de développer un produit pour éviter des dépenses inutiles, explique l’ingénieur au Journal. Je me suis dit : “Je vais faire des designs, je vais les diffuser et voir ce que les gens vont dire.” C’est de l’innovation ouverte. »

Concepts de Charles Bombardier, le PDM25, un « microaéroport » pour véhicules aériens électriques personnels.
Photo courtoisie
Concepts de Charles Bombardier, le PDM25, un « microaéroport » pour véhicules aériens électriques personnels.

Ses premiers concepts étaient plutôt déjantés. Par exemple, il a imaginé une moto à deux roues sphériques pouvant se déplacer dans toutes les directions, et un corbillard électrique sans conducteur.

« Au début, je cherchais le trouble, rigole-t-il. Je me laisse encore aller, mais moins. »

Maintenant qu’il a un bureau à l’OACI, Charles Bombardier réoriente son imagination vers le monde de l’aviation.

« Quand je suis arrivé ici, les gens ne comprenaient pas trop ce que je faisais, mais maintenant, ils me disent : “Pourrais-tu penser à tel problème ?” »

Concepts de Charles Bombardier, le Medusa, un aéronef doté d’un système de propulsion innovateur imitant le mouvement des méduses.
Photo courtoisie
Concepts de Charles Bombardier, le Medusa, un aéronef doté d’un système de propulsion innovateur imitant le mouvement des méduses.

Futurs taxis volants

En essayant d’imaginer l’avenir, l’OACI sera mieux placée pour inciter les pays à mettre en place la réglementation nécessaire pour encadrer les futurs moyens de transport.

« Quand les drones sont arrivés, ça s’est fait assez vite, et je pense que l’OACI n’était pas prête au niveau réglementaire, illustre M. Bombardier. Là, je pense qu’ils veulent voir à l’avance ce qui s’en vient. Avec un microbureau comme le mien, ça permet de tendre des lignes un peu partout. C’est comme une veille stratégique. »

Avec son industrie aéronautique et la présence de l’OACI sur son territoire, le Québec pourrait jouer un rôle de premier plan dans le développement des nouvelles formes de transport aérien, notamment les fameux projets de taxi aérien, croit Charles Bombardier. Selon lui, il est encore temps de se positionner pour attirer d’éventuels projets pilotes dans ce domaine.

« On devrait montrer qu’on est à l’avant-garde », insiste-t-il.

Retournera-t-il dans l’empire familial un jour ?

Charles Bombardier ne veut absolument pas parler de l’empire familial, mais on sent bien qu’il se tient prêt à y retourner un jour.

Le Montréalais qui a grandi à Valcourt est le fils de J. R. André Bombardier, dont le père était l’inventeur du Ski-Doo, Joseph-Armand Bombardier. Âgé de 76 ans, J. R. André Bombardier siège au conseil d’administration de Bombardier depuis 1975.

Il y a deux ans, Charles Bombardier avait brièvement abordé la perspective de siéger au conseil de la multinationale dans un entretien accordé à l’agence de presse Reuters.

« Je pense que la troisième génération jouera un rôle plus actif au conseil puisqu’elle se trouve actuellement dans ses années les plus productives », avait-il alors déclaré.

Charles Bombardier a travaillé dans l’entreprise familiale dès l’âge de 16 ans. Quand il a quitté ce qui était entre-temps devenu Bombardier Produits récréatifs (BRP), en 2006, il venait de terminer la supervision de l’ingénierie pour la moto à trois roues Spyder.

Au CA de l’Ordre des ingénieurs

Depuis juin 2016, M. Bombardier est administrateur de l’Ordre des ingénieurs, une expérience dont il pourrait se servir le jour où un poste se libérera au conseil de Bombardier. Notons toutefois qu’une vingtaine de descendants du fondateur pourraient être sur les rangs.

Avec son frère Louis-Armand, Charles Bombardier est copropriétaire de la salle de spectacles montréalaise Le Ministère depuis près de deux ans. Les bureaux d’Imaginactive, l’organisme à but non lucratif qu’il a fondé pour diffuser ses concepts de transport futuristes, se trouvent juste au-dessus.

Au début de sa carrière, M. Bombardier avait été propriétaire de concessionnaires BRP et BMW et même distributeur canadien pour Segway.

En plus de ses autres mandats actuels, il trouve le temps d’être étudiant au doctorat en génie à l’Université de Sherbrooke.