/weekend
Navigation

Hansel et Gretel au centre-ville

Heather O'Neill
Photo courtoisie, Julie Artacho Heather O’Neill

Coup d'oeil sur cet article

Écrivaine extrêmement talentueuse et imaginative, la Montréalaise Heather O’Neill raconte les aventures extravagantes de jeunes adultes montréalais dans les années 1990, dans son nouveau roman tout juste traduit en français par Dominique Fortier, Mademoiselle Samedi soir.

Drôle, dramatique, émouvant, ce roman complètement déjanté, qui flirte par moment avec le réalisme magique, a été finaliste au prestigieux prix littéraire Scotiabank Giller dans sa version originale anglaise.

Heather O’Neill raconte l’histoire de jumeaux qui vivent avec leur grand-père dans un petit appartement du boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

Nouschka et Nicolas Tremblay sont les seuls enfants d’un chanteur légendaire, Étienne Tremblay. Ils ont été élevés sous les projecteurs et ne font rien comme les autres.

À la veille de leur 20e anniversaire, Nouschka accepte de participer au défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Les médias s’intéressent à eux de nouveau... et s’ingénient à montrer leurs failles et leurs imperfections.

<b><i>Mademoiselle Samedi soir</i></b><br/>Heather O’Neill<br/>Éditions Alto<br/>488 pages
Photo courtoisie, Éditions Alto
Mademoiselle Samedi soir
Heather O’Neill
Éditions Alto
488 pages

« Difficile à écrire »

« Ce livre a été vraiment difficile à écrire parce que je voulais bien rendre toute l’énergie de Nicolas et Nouschka. Chaque page devait être remplie à ras bord de cette exubérance. Quand j’ai terminé le livre, j’étais en colère : j’avais l’impression de rompre avec une personne complètement folle ! Parfois, quand je termine un livre, je m’ennuie de mes personnages. Mais ces deux-là... c’était difficile de vivre dans leur tête ! Je vivais chaque jour dans leur monde fou. Je pense que c’était, de tous mes livres, le plus difficile à écrire. »

Heather O’Neill a mis en lumière le côté dysfonctionnel des jumeaux et a pigé dans quelques-unes de ses expériences pour les créer.

« Il y a beaucoup de moi-même dans Nouschka, mais il y a beaucoup de choses fictives aussi. Je me suis inspirée de ma propre enfance et de cet âge un peu fou où j’étais moi-même dysfonctionnelle. »

L’écrivaine aime beaucoup l’univers des Enfants terribles de Jean Cocteau, et trouvait que ce serait intéressant de le transposer dans une autre époque. L’idée de raconter l’histoire d’une jeune femme qui réalise qu’elle vient d’épouser la mauvaise personne était également bien présente.

« Je me suis demandé ce qui pouvait conduire quelqu’un à tomber amoureux des mauvaises personnes, ou se retrouver à faire des choses même si on sait que c’est une bien mauvaise idée. Ça fait partie de la jeunesse. »

Centre-ville enchanté

Heather s’inspire beaucoup, explique-t-elle, des thèmes récurrents et des motifs tirés des contes de fées, comme les orphelins et les jumeaux.

Mademoiselle Samedi soir est en quelque sorte la transposition moderne de Hansel et Gretel, dans le centre-ville montréalais des années 1990.

« C’est au centre-ville. Il y a une quantité invraisemblable de chats dans mon histoire... mais il se passe des choses magiques. Les fleurs du papier peint vont éclore, par exemple. Donc ça ressemble à une forêt enchantée. »