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La famille de Daphné déçue que les policiers s’en tirent

La femme de 18 ans avait demandé l’aide des autorités avant d’être assassinée

Éric Boudreault, le père de Daphné Huard-Boudreault, qu’on voit ici en 2017, était dévasté par la nouvelle lundi, selon son avocat Marc Bellemare.
Photo d’archives, Héloïse Archambault Éric Boudreault, le père de Daphné Huard-Boudreault, qu’on voit ici en 2017, était dévasté par la nouvelle lundi, selon son avocat Marc Bellemare.

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Des proches de Daphné Huard-Boudreault sont dévastés d’apprendre qu’aucune accusation criminelle ne sera portée contre les policiers présents le jour où la jeune femme de 18 ans a été assassinée en mars 2017 à Mont-Saint-Hilaire.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé sa décision lundi après avoir terminé l’étude du dossier du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).

Ce dernier a investigué pendant plus d’un an sur cette affaire puisque plusieurs témoins avaient rapporté que la jeune femme avait été en contact avec les autorités peu de temps avant d’être présumément assassinée par son ancien petit ami, Anthony Pratte-Lops, alors âgé de 22 ans.

L’avocat qui représente la famille dans ce dossier, Marc Bellemare, déplore le manque de transparence des autorités.

« Pour M. Boudreault (le père de Daphné), c’est une catastrophe », a indiqué l’avocat en précisant que le père de la jeune femme est « dévasté » par la nouvelle.

« Ç’a toujours été mon avis et ça ne changera pas. Il y a clairement eu un manquement [de la part des policiers] », a confié un ami de la jeune femme, Alexis Massé.

Aucune explication

Daphné Huard-Boudreault, qui s’était récemment séparée de l’homme, s’était rendue au poste de police peu avant d’être assassinée, le 22 mars 2017. Elle avait alors demandé d’être escortée pour se rendre chez son ancien petit ami récupérer des effets personnels.

Pratte-Lops l’avait menacée sur son lieu de travail le matin même, l’obligeant à contacter les forces de l’ordre. Il avait par la suite dérobé son téléphone cellulaire, toujours sans être embêté par les policiers.

Comme à leur habitude, le BEI et le DPCP n’ont pas rendu publics leurs rapports ni les motifs de leur décision.

« Tout ça est d’une grande frustration, car on doit faire confiance sans avoir aucune explication. [...] On ne sait pas ce qui s’est passé, on n’a pas les versions des policiers », s’insurge Me Bellemare.

Un porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Jean-Pascal Boucher, précise que les motifs de la décision prise ce matin seront expliqués à la famille une fois le procès d’Anthony Pratte-Lops terminé.

« On se doit que justice puisse être rendue et ne pas nuire au processus judiciaire », a indiqué M. Boucher.

Une plainte en déontologie policière déposée par l’avocat Marc Bellemare au nom du père de Daphné Huard-Boudreault est toujours à l’étude.


► Le procès d’Anthony Pratte-Lops doit débuter le 29 avril prochain avec l’étape de l’assignation des témoins.