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Les hommes perdront bientôt leur place

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Le 7 mars, veille de la Journée internationale des femmes, l’Office national du film annonçait, tambour battant, que ses productions avaient atteint la parité hommes-femmes pour la troisième année consécutive.

Il n’y a pas si longtemps, l’ONF, Radio-Canada et tout notre milieu culturel se pétaient les bretelles si un film avait été choisi aux Oscars, si un réalisateur était en lice pour une palme d’or à Cannes, si telle ou telle série établissait des records d’écoute. Aujourd’hui, l’accent est ailleurs.

Quand une œuvre est subventionnée, l’objectif, désormais, c’est l’adéquation, c’est-à-dire un « rapport parfait » entre le nombre d’hommes qui y sont associés et celui des femmes. Quel que soit le métier. On accorde même d’importants points bonis pour cette adéquation.

Quelle façon bizarre de décider si un projet doit bénéficier d’une aide ou être renvoyé à ses auteurs sans autre considération ! Si on poursuit dans la même veine, on en viendra à établir un pourcentage d’adéquation entre artistes et artisans « ordinaires » et homosexuels, transgenres, LGBT et autres. N’ont-ils pas, eux et elles aussi, droit à leur juste part d’argent public ?

ÉGALITÉ, OUI, MAIS...

J’ai combattu pour l’égalité des chances à la télévision et au cinéma et je continuerai de le faire. Mais vouloir en arriver à ce qu’il y ait adéquation entre hommes et femmes dans les divers métiers de création et de production tient de la fantaisie. En faire un critère pour le choix des œuvres à subventionner tient de la stupidité... et d’une mode regrettable.

La discrimination positive (qu’il faudrait appeler « action positive » selon l’Office québécois de la langue française) consiste à favoriser certains groupes de personnes qui sont victimes de discrimination systématique. L’action positive a eu sur l’emploi des femmes des effets bénéfiques. Toutes n’y ont pas encore trouvé leur compte côté rémunération, mais ce n’est qu’une affaire de temps.

Même s’il y avait parfaite égalité des chances, situation dont on n’est pas loin dans le monde de la culture, il y aura toujours des métiers où les hommes seront plus doués que les femmes et vice versa. Avant de recevoir de grands coups de rouleau à pâte sur la tête, j’ajoute tout de suite qu’il y aura aussi toujours des exceptions.

SUPÉRIEURES AUX HOMMES

Devrait-on s’indigner, par exemple, que la plupart de nos meilleures séries de télé soient écrites par des femmes ? Les succès de Danielle Trottier, Michelle Allen, Joanne Arseneau ou Isabelle Langlois montrent bien que les femmes d’aujourd’hui ont une plume plus féconde que celle des hommes. Ne sont-elles pas majoritaires à l’Union des écrivaines et écrivains ? Comme elles sont majoritaires par une forte marge au Regroupement en arts visuels.

La forte présence des femmes en écriture télévisuelle compense le plus grand nombre de scénaristes et dramaturges masculins au cinéma et au théâtre. La majorité de ces derniers s’effrite graduellement d’ailleurs et disparaîtra d’ici peu, sans qu’il soit nécessaire de fixer de quotas.

La diplomation des femmes étant de loin supérieure à celle des hommes, les femmes seront bientôt majoritaires dans tous les métiers de création et de production, quoi que fassent les hommes et quoi que décrètent quotas et bonis.