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Le Canada et les États-Unis refusent d’interdire ces 737

Des passagers québécois se questionnent sur la sécurité à bord de l’appareil

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OTTAWA | Les craintes des passagers québécois n’y changent rien ; le Canada fait bande à part, avec les États-Unis, en tolérant toujours les avions Boeing 737 MAX 8 dans ses cieux, contrairement à tous les pays européens.

En fin de soirée mardi, Sunwing s’est ajoutée à la liste des compagnies aériennes qui ont choisi de clouer au sol leurs 737 MAX 8.

La compagnie basée à Toronto a expliqué sur son compte Twitter prendre cette décision pour des raisons commerciales « non liées à la sécurité ».

Les avions de ce type des transporteurs canadiens Air Canada et West Jet volaient toujours mardi soir.

Un des Boeing 737 MAX 8, qui font la manchette après un écrasement en Éthiopie, a pris son envol mardi, à l’aéroport Montréal-Trudeau.
Photo MARTIN ALARIE
Un des Boeing 737 MAX 8, qui font la manchette après un écrasement en Éthiopie, a pris son envol mardi, à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Depuis l’écrasement du Boeing 737 MAX 8 survenu dimanche, en Éthiopie, plusieurs voyageurs s’inquiètent du type d’appareil qui les mènera à destination.

« C’est vraiment étrange, deux fois en peu de temps. On va regarder ça pour nos prochains vols », a ajouté Tristan Katcher.

Chez Air Canada, quelques clients ont dit aux employés avoir modifié leur itinéraire pour éviter de prendre un 737 MAX 8. Mais aucune annulation n’avait été relevée au comptoir lors du passage du Journal en fin de journée.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a soutenu mardi vouloir « évaluer clairement la situation » avant de bannir ces appareils de l’espace aérien canadien. 

L’ex-astronaute a précisé que son gouvernement n’exclut toutefois pas la possibilité de clouer ces avions au sol.

« Irresponsable »

Mais pour les partis d’opposition, le principe de précaution devrait s’appliquer ici. 

Le député du Bloc québécois Louis Plamondon juge « irresponsable » de laisser des passagers monter à bord de 737 MAX de la compagnie Boeing.

« Ça n’a aucun sens. S’il fallait que l’enquête conclue que ces appareils posent problème, ça veut dire qu’on va avoir mis la vie de citoyens en danger, a-t-il réagi. C’est jouer avec la sécurité des gens. »

Même son de cloche au NPD, où le député Alexandre Boulerice invite le ministre Garneau à emboîter le pas aux pays européens.

Les inquiétudes des partis d’opposition sont partagées par de nombreux voyageurs croisés dans les aéroports et sur les réseaux sociaux.

Mais le ministre Garneau n’en démord pas : rien n’indique pour l’instant que le modèle d’appareil en soi est en cause dans l’écrasement d’Ethiopian Airlines.

« C’est important de comprendre ce qui s’est passé et d’évaluer froidement la situation, a-t-il dit. Il y a toutes sortes de possibilités qui pourraient expliquer cet accident tragique. C’est important de ne pas sauter aux conclusions. »

Le député montréalais s’est de nouveau voulu rassurant, affirmant que lui-même n’hésiterait pas à monter à bord d’un Boeing 737 MAX 8.

Le ministre Garneau a prévu s’adresser aux médias mercredi matin, à 11 h.

Le nombre de pays ayant décidé de fermer leur espace aérien à ces appareils s’est multiplié mardi. Devant cette cascade d’immobilisations des appareils 737 MAX 8, les États-Unis ont aussi continué d’afficher leur confiance en Boeing.

Ils n’ont pas pris de chance

Inquiets, mais pas paniqués

Photo Jonathan Tremblay

« Si je savais que c’était un Boeing 737, je serais effrayée. Je refuserais d’embarquer. »

– Mélanie Katcher, 28 ans, ici avec son mari Tristan, avant son vol pour Vancouver

« Marc Garneau peut bien ne pas avoir peur. Il est allé dans l’espace dans une navette, lui. »

– Céline Bérubé, qui prenait l’avion mardi pour Las Vegas

Photo Jonathan Tremblay

« On a quand même regardé le modèle. Mais on ne s’empêchera pas de voyager. »

– Ghislain Foy, ici en compagnie de sa conjointe Lucie Gosselin

Photo Jonathan Tremblay

« J’aime mieux ne pas savoir [quel est le modèle d’avion]. J’aurais peur, mais j’embarquerais. Je suis une fataliste. »

– La passagère Laurence Truchon, 66 ans, qui partait aussi pour Las Vegas, mardi