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PQ: le pire est peut-être devant

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Le départ de Catherine Fournier fait glisser le PQ derrière QS pour le nombre de députés.

Il y aura des conséquences concrètes pour ce qui est des moyens d’action parlementaires.

Pire encore, le premier parti souverainiste, en termes d’élus, est désormais un parti qui n’est pas sérieusement souverainiste si on a des oreilles pour entendre.

Perdant

Mme Fournier estime que fonder un nouveau parti souverainiste serait, dans la conjoncture actuelle, une mauvaise idée.

Elle a sans doute raison.

Un parti souverainiste qui voudrait se démarquer de QS et du nationalisme de la CAQ ne serait pas tellement différent du PQ.

De plus, avec notre mode de scrutin, plus vous multipliez le nombre de partis, plus l’un d’entre eux peut prendre le pouvoir avec un petit nombre de votes.

Mme Fournier dit que le PQ traîne une image de parti perdant.

Elle n’est que la dernière d’une longue liste à avoir fait ce constat.

Le PQ restera pour toujours associé aux défaites référendaires de 1980 et de 1995.

Sa dernière victoire électorale majoritaire remonte à 1998, l’année de naissance de mon fils aîné, aujourd’hui à l’université.

Non seulement le PQ perd et perd et perd, mais il recueille à chaque fois de moins en moins de votes.

Pour un jeune de vingt ans, le PQ, c’est non seulement un parti de perdants, mais c’est le parti de ses parents et de ses grands-parents.

La marque de commerce est usée.

Pourtant, direz-vous, le PLQ existe depuis plus de 150 ans, et il est encore capable de rebondir.

Oui, mais le PLQ n’est pas porteur d’un rêve. Il existe pour servir le monde des affaires et s’assurer que le Québec ne quitte jamais le Canada.

Quand un rêve n’aboutit pas, l’amertume et la désillusion s’installent, et on vieillit prématurément.

Mme Fournier en appelle au renouvellement du discours et du mouvement souverainistes.

À cet égard, on répète souvent, par exemple, que les souverainistes ne doivent plus évoquer l’exploitation par les « méchants » Anglais. En réalité, il y a longtemps que le PQ ne le fait plus.

Exister

En fait, tous les efforts passés pour renouveler le discours, et Dieu sait s’il y en a eu, ont donné des résultats modestes.

Savez-vous pourquoi ?

Tout simplement parce que les raisons pour lesquelles les peuples décident de devenir indépendants sont toujours les mêmes à travers les siècles : accéder à la liberté politique et affirmer une identité nationale.

On ne fait pas la souveraineté pour des raisons de mode ou de goût du jour. On la fait pour des raisons lourdes, structurelles, existentielles.

Or, les jeunes se croient politiquement libres et pensent qu’affirmer une identité religieuse, c’est bien, mais affirmer une identité nationale, c’est mal.

Ils ont été superbement bien endoctrinés.

Les moins jeunes, eux, restent marqués par la terrible désillusion de 1995 et ne veulent plus avoir de nouveau le cœur brisé.

Si elle veut se rendre utile, Mme Fournier a un énorme défi devant elle.