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Charlotte Le Bon retrouve le Québec

Exilée depuis dix ans à Paris, elle tournera son premier long métrage au Canada

L’actrice et réalisatrice Charlotte Le Bon photographiée lors de la Semaine de la mode à Paris, en janvier dernier.
Photo d’archives, AFP L’actrice et réalisatrice Charlotte Le Bon photographiée lors de la Semaine de la mode à Paris, en janvier dernier.

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Dix ans après s’être installée en France et s’être imposée comme actrice de calibre international, Charlotte Le Bon renoue avec ses racines québécoises. Propriétaire depuis peu d’une maison dans les Laurentides, elle tournera même son premier long métrage à titre de réalisatrice chez nous.

Au bout du fil, avant de mettre le cap sur Saguenay où elle présentera ce week-end un court métrage au Festival Regard, Le Bon confesse qu’elle s’ennuie du Québec.

« Je me suis acheté une maison sur le bord d’un lac parce que j’ai l’intention de venir passer plus de temps ici, surtout durant l’été quand c’est un peu moins frénétique côté travail en France. Et aussi parce que mon pays et ma famille me manquent. Même si ça fait dix ans que j’habite Paris, culturellement, ça m’épuise. J’ai besoin de revenir au Canada pour me ressourcer », confie-t-elle.

Ce retour aux sources coïncide avec un virage important dans la carrière de Charlotte Le Bon. Après avoir tourné dans de nombreux films français et hollywoodiens, la Québécoise a décidé de mettre le jeu de côté pour passer derrière la caméra.

Révélation

L’artiste de 32 ans a déjà donné un aperçu de ses aptitudes comme cinéaste avec Judith Hotel, un court métrage aux accents « gore », très réussi pour une première réalisation, qui suit un insomniaque dans un hôtel particulier qui reçoit des clients qui veulent en finir avec la vie.

Le film a été présenté en première mondiale à Cannes, en mai 2018, dans un programme de cinq courts métrages qui n’étaient pas tous dans la même tonalité sordide que le sien.

« Celui d’avant moi était une comédie et les gens se tapaient sur les cuisses, et puis, paf, le mien est arrivé, et j’ai eu l’impression d’avoir un peu violé l’audience qui ne s’y attendait pas du tout », relate-t-elle en riant.

Chose certaine, Judith Hotel a réveillé la cinéaste qui dormait en elle. « Ce film a été une révélation. Je me suis rendu compte que c’est le métier que j’ai envie de faire. Je pense que jouer va devenir un bonus quand je serai inspirée par les rôles qu’on me propose. »

Court métrage

Charlotte Le Bon s’apprête d’ailleurs à tourner un autre court métrage et se trouve actuellement à l’étape de financement de son premier long métrage, l’adaptation de la bande dessinée Une sœur, de Bastien Vivès.

Ce film, une coproduction Canada-France, sera tourné ici, possiblement à l’été 2020. Pour le tournage, Le Bon lorgne le Manitoba, là où elle allait passer ses étés quand elle était gamine.

« C’est l’histoire d’une famille de Français dont la mère est Québécoise, mais vit en France depuis plusieurs années. Comme si c’était moi, finalement. Ils reviennent passer quelques semaines près du lac Falcon. Idéalement, j’aimerais tourner au Manitoba, mais il y a tellement de lacs au Canada qu’on va choisir celui qui va nous permettre de tourner. »

Le nom d’une actrice québécoise est déjà attaché au projet, mais la cinéaste est tenue au secret pour le moment.

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