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QS est mort de rire

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On ne sait pas encore quelle sera la portée du coup d’éclat de la députée Catherine Fournier. Mais devant un tel spectacle, ceux qui se tapent sur les cuisses et en redemandent, ce sont les solidaires...

En s’éjectant du caucus sans parachute apparent, la jeune députée de Marie-Victorin a porté un dur coup aux autres rescapés de la dégelée du Parti québécois. L’équipe du chef intérimaire Pascal Bérubé, dont la tâche semble aussi joyeuse qu’une chanson d’Isabelle Boulay un jour de pluie, passe à neuf députés. Non seulement le PQ se retrouve privé de sa meilleure représentante jeune, mais en plus, il devient complètement absent des milieux urbains.

Déjà, les députés péquistes avaient durement encaissé le coup lorsqu’ils ont pris place au Salon bleu à la rentrée de l’automne dernier, entassés entre l’opposition officielle libérale et les solidaires. La sortie de Mme Fournier rajoute une couche douloureuse et humiliante. Ils sont maintenant moins nombreux que les représentants de QS.

Gabriel Nadeau-Dubois n’a mis que quelques minutes pour sauter sur l’occasion et réclamer le statut de deuxième opposition à l’Assemblée nationale.

Qu’il l’obtienne ou non, peu importe. Il voulait surtout marquer le coup, pour que ce soit clair dans les esprits. QS est passé devant.

Ce qui fait aussi très mal au parti de René Lévesque, c’est que les paroles assassines de Catherine Fournier renforcent le narratif déjà très présent, selon lequel le PQ est en difficultés et qu’il peine à se remettre sur pied.

Puis, les faits sont les faits. Québec solidaire poursuit sa constante progression alors que le PQ souffre d’un lent et pénible déclin.

Aucun contact

Les stratèges solidaires assurent qu’ils n’ont eu aucune discussion avec celle qui a déserté le PQ. Ni avant ni maintenant. Ils ont aussi l’impression que les députés péquistes qui pourraient choisir d’abandonner leur parti à l’avenir chercheraient davantage à se joindre à la CAQ, avec qui ils ont plusieurs affinités.

D’ailleurs, l’ex-chef Jean-François Lisée signale dans son livre Qui veut la peau du Parti québécois que François Legault utilise sciemment des références à René Lévesque, qu’il a recours à des drapeaux fleurdelisés plus grands que nature. « Tout vise à récupérer le discours et les symboles du PQ pour politiquement le vampiriser », écrit-il.

Peu de mouvement

Dans la journée qui a suivi sa conférence de presse, Catherine Fournier a recueilli un appui moral hier, de l’ex-candidat à la chefferie du PQ, Paul St-Pierre-Plamondon.

Celui qui avait mené la tournée « Oser repenser le PQ » avait cherché à secouer le parti de sa torpeur. Dans son rapport en 2017, il parlait d’un parti « figé, conservateur et vieillissant ».

Il admet maintenant que les instances du PQ ont cherché à saboter les suites de cette tournée. Sinon, on cherche encore ceux qui pourraient joindre la démarche de la députée rebelle de Marie-Victorin. Où sont ses appuis ?

Pour l’instant, sa sortie fracassante nuit au Parti québécois et ne suscite pas vraiment d’adhésion. Tout pour plaire à Québec solidaire. En privé, ils doivent être morts de rire...