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Saison 2019: six experts se prononcent

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Photo d'archives, AFP Sebastian Vettel

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À l’aube de la nouvelle saison de F1, dont la première étape, le Grand Prix d’Australie, sera disputée ce dimanche à Melbourne, six observateurs avertis ont accepté de livrer leurs prédictions au Journal.

Une surprise agréable ?

Kimi Räikkönen
Photo d'archives, AFP
Kimi Räikkönen

Jacques Villeneuve : La monoplace de l’écurie Haas a démontré de belles qualités lors des essais hivernaux. C’est une voiture bien née qui pourrait causer des surprises, tout comme Alfa Romeo.

Jean-Michel Desnoues : Quand le couple Frédéric Vasseur/Kimi Räikkönen va tourner à plein régime, Alfa Romeo va être occasionnellement en mesure de jouer le podium. C’est l’écurie basée à Hinwil qui va être la bonne surprise de la saison.

Frédéric Ferret : Charles Leclerc sera la révélation de l’année. Ce n’est tellement pas une surprise que tout a déjà été écrit sur ce jeune Monégasque, filleul du regretté Jules Bianchi, promis au titre mondial. Un jour, ou cette année ? Si sa saison débute bien, si sa tête est aussi bien faite qu’on le pense, il pourrait se retrouver couronné dès cette saison.

Pierre Houde : La surprise pourrait venir d’Alfa Romeo, alias Sauber. Toute proportion gardée, cette écurie pourrait être au cœur de la lutte pour le titre de « meilleure des autres ».

Christian Tortora : Si l’écurie dirigée par Frédéric Vasseur progresse autant que l’an passé, elle sera une candidate épisodique au podium. Je pense qu’Alfa Romeo va être la surprise de la saison.

François Dumontier : Si Leclerc (Ferrari) et Gasly (Red Bull) s’illustrent, ce ne sera pas une vraie surprise, car on sait depuis l’an passé qu’ils sont très bons. On me dit beaucoup de bien d’Alexander Albon, réputé extrêmement rapide et qui a très bien paru en essais privés à Barcelone. Celui qui, en F2 l’an passé, était coéquipier du Canadien Nicholas Latifi surprendra si le moteur Honda de sa Toro Rosso tient bon.

Une déception ?

Lewis Hamilton
Photo d'archives, AFP
Lewis Hamilton

JV : Je répondrai par une autre question : devra-t-on parler de déception dans le cas de l’écurie Williams, qui a atteint le fond du baril l’an passé et qui n’a même pas été capable de préparer sa voiture à temps pour les essais privés cet hiver ?

JMD : L’écurie Williams débute la nouvelle saison aussi mal qu’elle a fini la précédente. Espérons qu’elle n’entraîne pas dans sa chute le néophyte George Russell et le revenant Robert Kubica.

FF : Après cinq ans de domination sans partage, Mercedes risque d’être le perdant de l’année. Sa voiture ne paraît pas bien née, contrairement à la Red Bull ou la Ferrari, et son moteur n’est plus le meilleur. Seule Ferrari a réussi à gagner six couronnes consécutives (1999-2004). Les Flèches d’Argent rêvent d’égaler ce record, mais ne semblent pas en mesure, en ce début d’année, de rejoindre la Scuderia.

PH : Sans contredit, la déception pourrait être encore une fois Williams. Tout semble encore de travers pour cette écurie pourtant légendaire. Le retour de Robert Kubica n’y changera rien.

CT : Des interrogations demeurent concernant le groupe propulseur Honda. Il s’est honorablement comporté lors des essais hivernaux, mais qu’en est-il de la performance quand il faudra libérer toute la puissance ? Pour moi, Red Bull va être la déception.

FD : Valtteri Bottas (Mercedes) et Nico Hülkenberg (Renault) sont en danger avec des coéquipiers comme Lewis Hamilton et Daniel Ricciardo. Grosjean, lui, doit faire mieux ou aussi bien que Magnussen chez Haas.

À quoi s’attendre de Lance Stroll ?

Lance Stroll
Photo courtoisie, Racing Point
Lance Stroll

JV : Je suis impatient de voir comment les Racing Point vont se comporter cette année. Dans le cas de Lance Stroll, ça ne peut être pire que l’an passé, mais il n’aura pas le choix de performer avec un coéquipier [Sergio Pérez] associé à cette équipe depuis plusieurs années et qui est capable d’obtenir de bons résultats.

JMD : C’est le moment de vérité pour Lance Stroll ! Sergio Pérez est rapide, expérimenté et il connaît l’écurie comme sa poche. Si le Québécois est assez intelligent pour apprendre du Mexicain, il devrait être en mesure de monter en puissance. Dans son cas, ce n’est pas tant le talent qui fait défaut, mais l’envie. Dommage qu’il n’ait pas la même passion que le propriétaire de l’écurie...

FF : Pour Stroll, c’est l’année ou jamais. Plus d’excuse avec une voiture déficiente ou un équipier faiblard. Le Canadien se retrouve avec Racing Point dans une équipe qui fonctionne bien au côté d’un Perez, déjà monté huit fois sur le podium. Il doit montrer son vrai niveau au risque de passer pour un « fils à papa ».

PH : Lance Stroll aura enfin l’occasion de prouver son grand talent. La base technique de Racing Point est excellente, mais il devra être aussi rapide que son coéquipier Sergio Perez, dès le début. Selon les circonstances, on pourrait le retrouver sur le podium, ne serait-ce qu’une fois.

CT : Pour la première fois depuis ses débuts en F1, Lance Stroll va évoluer dans un environnement favorable où il va pouvoir apprendre et progresser. Je le vois faire un grand pas en avant. Sera-t-il suffisant pour prendre la mesure de Sergio Pérez ? S’il y parvient, il va changer de dimension.

FD : Un talent certain, plus d’expérience et de maturité et une monture adéquate devraient permettre à Stroll de s’offrir des Q3 [dernière ronde des qualifications] et une cueillette de points qui le classerait aisément parmi les dix premiers en fin de saison. La présence dans l’équipe de Pérez lui sera plus bénéfique que celle de Felipe Massa, il y a deux ans.

Voyez-vous un pilote remporter sa première victoire en F1 ?

Charles Leclerc
Photo courtoisie, Ferrari
Charles Leclerc

JV : Un nom me vient à l’esprit immédiatement et c’est celui de Charles Leclerc. Il est rapide et il a le matériel pour gagner. D’autant plus qu’il est entre bonnes mains avec son ingénieur Jock Clear chez Ferrari, avec qui j’ai eu le privilège de travailler à mon arrivée en F1 chez Williams.

JMD : Rien ni personne ne va être en mesure de barrer la route de la victoire à Charles Leclerc. Très rapide, très intelligent, très déterminé, il possède de plus un mental qui le rend hermétique à toute forme de jeu politique et de pression.

FF : Avec Leclerc, ils sont copains. Pierre Gasly a, potentiellement, la voiture pour mettre fin à vingt ans de disette pour la France. Red Bull est une voiture gagnante. À condition que le propulseur suive. Honda a beaucoup travaillé et semble satisfaire les troupes de Milton Keynes. Gasly, bombardé équipier du terrible Max Verstappen, pourrait donc avoir la possibilité d’effacer des tablettes Olivier Panis, dernier vainqueur tricolore en GP (Monaco 1996).

PH : Charles Leclerc est assurément le pilote le plus susceptible de remporter sa première victoire.

CT : La question n’est pas de savoir si Charles Leclerc va s’imposer cette saison, mais quand ? Lewis Hamilton avait attendu jusqu’à Montréal en 2007. Le jeune Monégasque fera-t-il mieux ?

FD : Assurément, Charles Leclerc devrait remporter sa première victoire en F1, et vraisemblablement plus d’une cette année.


L’ANNÉE DE VÉRITÉ POUR VETTEL

Jacques Villeneuve
Photo d'archives, Martin Alarie
Jacques Villeneuve

Ça passe ou ça casse pour Sebastian Vettel cette saison. Le pilote allemand a fait des erreurs ces dernières années qui lui ont probablement coûté des titres à chaque fois. L’an passé particulièrement, il était bien placé pour gagner le championnat et il avait la meilleure voiture du plateau avant d’être poussé à la faute chez lui à Hockenheim. On connaît la suite, Hamilton a pris les commandes de la course et du championnat. Si Vettel chasse ses démons, il gagnera un cinquième titre en F1.

- Jacques Villeneuve, champion du monde F1 en 1997, analyste au réseau français Canal +


LE TITRE POUR VETTEL

Jean-Michel Desnoues
Photo courtoisie
Jean-Michel Desnoues

C’est une Ferrari apaisée qui aborde l’exercice 2019. La force tranquille de Mattia Binotto, nouveau patron de la Scuderia, alliée au vent de fraîcheur que fait souffler Charles Leclerc sur la vénérable institution va pousser Sebastian Vettel vers le titre. Mercedes et Hamilton vont se battre jusqu’au bout, mais c’est en milieu de tableau que la lutte va être la plus intense. Une saison très disputée en perspective.

- Jean-Michel Desnoues , correspondant F1 pour l’hebdomadaire français Auto Hebdo


MISEZ SUR LE ROUGE

Frédéric Ferret
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Frédéric Ferret

L’arrivée de Mattia Binotto chez Ferrari a modifié la donne pour une équipe qui s’avance cette saison comme favorite. Le sourire de Sebastian Vettel après sa première journée d’essais lors des tests hivernaux en disait beaucoup. L’Allemand possède enfin les moyens de ses rêves : gagner un titre avec Ferrari comme son idole Michael Schumacher. Il a la voiture, mais également l’équipier. Le brillant débutant Charles Leclerc sera-t-il son principal atout ou son pire cauchemar ?

- Frédéric Ferret , correspondant F1 pour le quotidien français L’Équipe


UNE AUTRE GUERRE EXALTANTE

Pierre Houde
Photo d'archives, Agence QMI
Pierre Houde

Le Championnat 2019 s’annonce passionnant, autant sur le plan global que pour nous, sur le plan local. La grande guerre Ferrari-Mercedes promet d’être exaltante avec, en toile de fond, la grande inconnue que représente le nouveau mariage Red Bull-Honda. Sebastian Vettel, poussé par Charles Leclerc, pourrait bien récolter un 5e titre. Et nous verrons enfin Lance Stroll au volant d’une voiture respectable.

- Pierre Houde , commentateur à RDS et collaborateur au 91,9 Sport


UN SIXIÈME TITRE POUR HAMILTON

Christian Tortora
Photo d'archives, Chantal Poirier
Christian Tortora

Il ne faut pas enterrer Mercedes trop vite, comme l’a démontré la dernière journée d’essais à Barcelone. Le patron de l’écurie Toto Wolff et ses hommes débutent le championnat au même niveau que la Scuderia Ferrari, et je pense que Lewis Hamilton va être de nouveau difficile à battre et qu’il coiffera une sixième couronne.

- Christian Tortora, analyste de F1 à TVA Sports


HAMILTON RESTE LE FAVORI

François Dumontier
Photo d'archives, Martin Chevalier
François Dumontier

En ce qui concerne le titre des pilotes, j’ai tendance à penser que Hamilton est toujours motivé et il reste le favori. Même si j’anticipe une lutte serrée entre Ferrari et Mercedes pour le titre des constructeurs, Lewis ne sera pas gêné par Bottas autant que Vettel pourrait l’être par Charles Leclerc. Par contre, je crois que, par un faible écart, la Scuderia a de bonnes chances de coiffer Mercedes au final.

- François Dumontier, promoteur du Grand Prix du Canada

 
 

 

 

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