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La classe politique canadienne et québécoise réagit aux attaques en Nouvelle-Zélande

drapeau berne
Photo Simon Clark

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 Les politiciens canadiens sont nombreux vendredi matin à condamner les attentats de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui ont fait au moins 49 morts.  

 À Québec, l’Assemblée nationale mettra en berne le drapeau québécois et un drapeau de la Nouvelle-Zélande. 

 Le premier ministre Justin Trudeau a réagi via communiqué et a dit partager le deuil des Néo-Zélandais. 

 «Beaucoup trop souvent, les musulmans subissent une perte et une douleur inimaginables dans les endroits où ils devraient pourtant se sentir en sécurité. [...]. Pour aller de l’avant en tant que monde, nous devons reconnaître que la diversité est une force, et non une menace. Les victimes d’hier soir étaient des pères, des mères et des enfants. Ils étaient des voisins, des amis et de la parenté. Comme c’est le cas chaque fois qu’une vie est interrompue trop tôt, nous ne connaîtrons jamais l’ampleur réelle de leur perte.» 

 Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, s’est tourné vers Twitter pour adresser ses prières aux victimes.   

 «La liberté a été attaquée en Nouvelle-Zélande alors que des fidèles ont été la cible d’un acte de terreur horrible. Tous devraient pouvoir pratiquer leur religion librement et sans peur», écrit M. Scheer.      

 «Il n’y a pas de mots assez forts pour condamner ce genre de haine. Je prie pour que les familles des disparus trouvent la paix, et pour un prompt rétablissement pour les blessés», poursuit-il.   

 Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), a lui aussi exprimé ses condoléances sur Twitter.   

 «Mes pensées vont aux familles des personnes assassinées et à toutes les personnes touchées par cet acte de terreur. L’islamophobie tue et n’a pas sa place nulle part dans le monde».   

 «Pas de place pour l'intolérance» 

 Le premier ministre du Québec François Legault a offert «tout son soutien à la Nouvelle-Zélande en ces temps difficiles». 

 «Comme le Québec et le Canada, la Nouvelle-Zélande est un endroit paisible où la population souhaite vivre en sécurité et dans la paix, a-t-il écrit. Nous avons récemment connu une tragédie qui nous a, toutes et tous, très affectés au Québec. Je me sens totalement solidaire de la première ministre, Mme Jacinda Ardern, et je comprends parfaitement son émotion aujourd’hui. Il n’y a pas de place pour l’extrémisme dans nos sociétés; il n’y a pas de place pour l’intolérance. Nous ne permettrons pas à la violence de prendre racine dans nos sociétés démocratiques.» 

 Le chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ) écrit de son côté qu’il faut continuer «de dénoncer ces actes de violence insensés». 

 Dans un tweet court, le chef par intérim du Parti québécois (PQ) Pascal Bérubé a tenu à dire que son cœur est avec la Nouvelle-Zélande. 

 La porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a elle aussi tenu à envoyer ses pensées aux personnes touchées par l’attentat. 

Je condamne sans la moindre équivoque l’acte de terrorisme qui a eu lieu [vendredi]», a indiqué le ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale.

M. Goodale a ajouté: «Le gouvernement du Canada est inébranlable dans son engagement d’assurer la sécurité et la sûreté des Canadiens et Canadiennes et de défendre les valeurs de ce pays. Les services policiers, de sécurité et de renseignements prennent toutes les mesures nécessaires afin de détourner les menaces terroristes envers le Canada, ses citoyens et nos intérêts partout dans le monde».

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a également réagi: «La haine contre quiconque en raison de sa religion, son statut social, son origine, la couleur de sa peau ou son orientation sexuelle est à condamner sans équivoque. Mes pensées sont avec les familles des victimes de la tragédie survenue à Christchurch en Nouvelle-Zélande». 

 Le chef de l’opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal, Lionel Perez, a indiqué pour sa part: «Devant tant de cruauté et de violence, encore sous le choc, démontrons notre solidarité et notre amitié. Mes pensées vont à la communauté musulmane de Nouvelle-Zélande et à tous les Montréalais de confession musulmane. Nous sommes avec vous». 

 Les Québécois vivant en Océanie compatissent  

 Claudia Brochu, une résidente de Wellington, la capitale de ce pays de l’Océanie, a appris la nouvelle une heure ou deux après les tragiques événements. «Les nouvelles voyagent vite ici, c’est un pays très petit», a confié la jeune femme d’origine québécoise, ce matin à LCN.   

 «La réaction instantanée sur les réseaux sociaux et même dans la rue, c’est beaucoup de compassion et de tristesse. Je vois beaucoup de compassion de la part de la population néo-zélandaise qui ne se reconnait pas du tout dans cela.»   

 «C’est le genre d’événement qui n’arrive pas en Nouvelle-Zélande. C’est un pays qui est reconnu comme étant l’un des plus sécuritaires dans le monde. C’est donc vraiment presque du jamais vu», ajoute-t-elle, sans parler d’état de panique.   

 La jeune femme note que la réaction spontanée de ses concitoyens est d’apporter leur soutien à la communauté locale islamique. «[La population] leur offre de l’aide, de les accompagner dans la rue, s’ils se sentent en danger. On voit beaucoup de générosité en revers de cet événement horrible.»   

 Mme Brochu se dit surprise par un tel drame étant donné que sa ville est comme «un gros melting pot» ayant une «mentalité très ouverte» et où habitent des gens provenant des quatre coins du monde.   

 Par contre, Christchurch, la ville où se sont produits les attentats, forme une communauté plus homogène, décrit-elle. «Il y a moins d’immigrants, mais je n’ai quand même jamais senti une atmosphère d’extrême droite, ici, dans ce pays. Tout le monde a une opinion différente et, en ce moment, je crois que l’immigration est un gros sujet à travers le monde», avance-t-elle.   

 À ce moment-ci, il importe de ne pas se laisser submerger par la peur, plaide Mme Brochu, sinon, les terroristes pourront crier victoire. «Face à l’horreur de l’événement, on ne va pas paniquer ni se laisser avoir, on va plutôt tendre la main, essayer d’aider et de réconforter les familles des victimes», conclut-elle.