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Cinq problèmes urgents en environnement

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Vendredi, des élèves et les étudiants du Québec ont joint le mouvement international de grève en faveur de l’environnement. C’est un geste louable. La lutte contre les changements climatiques se heurte à des problèmes concrets qui dans tous les cas vont entraîner des bouleversements dans nos vies. Cette lutte exige des changements politiques, économiques et culturels profonds.

Beaucoup de politiciens ont du mal à concevoir et à accepter le nouveau monde que les jeunes générations veulent construire. Pourtant, ces jeunes générations ont raison. Au rythme où les humains exploi­tent les ressources de la planète, celle-ci deviendra bientôt difficile à habiter. Voici cinq domaines parmi d’autres où des actions sont requises d’urgence. Divers intérêts y bloquent toute avancée significative. Une évolution favorable de l’opinion publique locale­­­ et mondiale peut aider à un déblocage dans chaque cas.

1. Que faire dans les transports ?

Les transports représentent environ 24 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre. Près des trois quarts de ces émissions proviennent des véhicules routiers. L’électrification des transports routiers ne change pas grand-chose au problème. C’est que dans la plupart des pays, l’électricité est produite à partir du charbon ou du pétrole. En fait, la production d’énergie est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre. La seule solution réaliste consiste donc à développer les transports en commun électriques. Mais les automobilistes voudront-ils abandonner leur auto chérie ?

2. Que faire avec l’étalement urbain ?

Les besoins en transport augmentent parce que de plus en plus de gens vont vivre en banlieue. Les banlieues offrent des maisons plus spacieuses et moins chères que celles des villes. Et les promoteurs immobiliers y brassent de juteuses affaires. Sauf que les services en banlieue (écoles, pompiers, poste, routes, aqueducs, etc.) coûtent près de trois fois le prix que les mêmes services en ville. La plupart du temps, les habitants des banlieues ne paient pas leur juste part pour ces services. Mais surtout, cet étalement urbain est une source considérable de pollution et de gaspillage. La solution consiste à densifier les banlieues et à cesser de les étendre. Mais les élus des régions vont-ils voter des lois en ce sens ?

3. Que faire avec l’agriculture ?

Les produits agricoles sont de plus en plus transportés sur de grandes distances. Cette agriculture mondialisée favorise la flexibilité et la diversité de l’offre ainsi que des prix faibles. Les consommateurs accepteraient-ils de perdre certains de ces avantages en échange d’une agriculture de proximité ?

4. Que faire avec des pays comme l’Inde ou la Chine ?

Plusieurs pays polluent de plus en plus. C’est le cas de l’Inde et de la Chine. Une partie de la pollution de ces pays est générée par les produits qu’ils exportent. Faut-il cesser d’importer des produits de ces pays pour les contraindre à faire plus d’efforts pour l’environnement ? Un tel boycottage est-il envisageable mondialement ? Dans l’affirmative, comment s’assurer que la production ne serait pas délocalisée dans un autre pays pollueur ?

5. Que faire avec les océans ?

La surpêche commerciale contribue à vider les océans. Le tiers des espèces commerciales de poissons est menacé d’effondrement­­­. Mais souvent, les flottes de bateaux pêchent en eaux internationales. Qui va empêcher ces flottes de vider les océans ? Comment forcer les pays délinquants à pratiquer une pêche responsable ? Les humains vont-ils accepter de manger moins de poisson ?