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Combien de décibels peut-on tolérer chez soi?

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VICTORIAVILLE | Qu’est-ce qu’une personne raisonnable peut tolérer ? C’est ce que la juge devra trancher dans l’action collective qu’ont intentée des citoyens du Centre-du-Québec contre le promoteur qui a implanté une cinquantaine d’éoliennes dans leurs villages.

Les opposants, qui ont filmé 250 h de vidéos, pris un grand nombre de photographies et noté tous les incidents dérangeants depuis l’implantation d’un parc éolien à Saint-Ferdinand et Sainte-Sophie-d’Halifax, au Centre-du-Québec, se sont fait reprocher de faire de l’espionnage.

Néanmoins, ce travail « titanesque » leur a permis d’exposer les dommages qu’ils auraient subis lors du procès de l’action collective contre Éoliennes de L’Érable, qui se déroule depuis le 4 février au palais de justice de Victoriaville.

« La preuve est accablante, détaillée », a fait valoir l’avocat des demandeurs, David Bourgoin, lors des plaidoiries, cette semaine.

1000 voyages par jour

Par exemple, les représentants de l’action collective, Jean Rivard et Yvon Bourque, ont noté jusqu’à 1000 passages par jour sur les routes longeant leur résidence durant les travaux visant la construction du parc. Les véhicules circulaient parfois dès 5 h 15 le matin.

Le chantier, qui a duré plus de trois ans, a engendré de la poussière et endommagé les routes. Des immeubles ont perdu de la valeur, etc.

Les villages ont été divisés par les tensions sociales qui se sont traduites par des voies de faits, menaces et méfaits.

De plus, l’exploitation des éoliennes fait du bruit qui dérange dans ce coin rural. L’environnement sonore qui pouvait être aussi faible que 22 décibels pondérés A (dba) a parfois presque doublé après la mise en fonction des éoliennes.

Exagération

L’avocat d’Éoliennes de l’Érable, Me Pierre-Paul Daunais, déplore que les opposants se soient braqués devant le projet, avec une attitude négative, et aient cherché toutes les raisons pour justifier leur position.

« Est-ce que c’est le comportement d’une personne raisonnable ? », a questionné le procureur.

Il trouve exagéré de dire que les travaux de construction ont incommodé les résidents pendant plus de trois ans, considérant que le chantier n’était pratiquement pas en opération durant l’hiver et la période de dégel.

Selon son collègue, Me Yves Martineau, le niveau de bruit causé par les éoliennes n’est pas anormal. D’ailleurs, une cinquantaine de résidents ont fait des déclarations à l’effet qu’ils cohabitaient bien avec celles-ci.