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L’horreur absolue

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Vendredi, en Nouvelle-Zélande, a eu lieu un carnage sans nom. On ne peut lire le récit des événements sans effroi. On dénombre pour l’instant 49 morts, et cela, sans compter les blessés.

Nouvelle-Zélande

Partout à travers le monde, on pleure leur sort. Ces hommes, ces femmes et ces enfants ont été tués à la mosquée, au moment de la prière. Le terroriste a lui-même laissé un manifeste où il exprime une vision du monde fondamentalement raciste et apocalyptique qui s’approprie des symboles issus du IIIe Reich, et voue un culte débile à la race blanche. Il était habité par la haine des musulmans, qu’il percevait comme autant de représentants d’une armée qu’il faut repousser à tout prix. Il espérait même déclencher une guerre interraciale en poussant la société aux extrêmes.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Évitons le relativisme : ce n’est pas la maladie mentale qui explique son geste, mais le fanatisme.

Je ne peux m’empêcher, néanmoins, de voir là une forme de possession morbide chez ceux qui se donnent le droit de décider qui est de trop sur Terre. Le terroriste de Christchurch s’est filmé pendant son massacre, pour se mettre en scène à la manière d’un héros. Le meurtre de masse semble indissociable d’un fantasme de toute-puissance. Un paumé, pour un instant, s’imagine maître du monde et décide d’emporter dans son délire exterminateur la vie de dizaines d’innocents.

Destruction

Pensons cela à l’échelle de l’Histoire : c’est un peu comme si des failles profondes s’ouvraient dans nos sociétés en crise, qui font remonter à la surface des pulsions morbides et destructrices que la civilisation avait tâché de refouler. On aurait envie de les dire diaboliques : partout, elles sèment la mort et la désolation.

Le terrorisme raciste s’alimente à la part la plus obscure de l’âme humaine. C’est au nom des valeurs fondamentales de notre civilisation que nous devons le condamner et le combattre.