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PLQ: le parti des non-francophones

Pierre Arcand
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés Pierre Arcand

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Le sondage publié ce matin confirme une tendance irréversible à nos yeux. Le PLQ n’a plus aucune légitimité pour représenter la majorité francophone.

Cette vérité est brutale, dérangeante, mais explicable par la décision des libéraux de mener une politique antinationaliste.

Avec un maigre 10 % d’appuis chez les francophones, le Parti libéral du Québec rompt avec son histoire intimement liée à celle du Québec du 20e siècle.

Quel est alors son avenir à moyen terme si le parti ne réussit qu’à rejoindre les non-francophones qui leur assurent 66 % d’appuis ?

Le nouveau Québec

Le choix du PLQ a transformé le Québec en un paradis multiculturel où les communautés culturelles ethniques, religieuses, voire sexuelles, forment le nouveau Québec au détriment de la majorité historique. Car celle-ci n’est plus qu’une simple communauté linguistique plutôt que d’être une majorité distincte.

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À l’évidence, le peuple francophone s’éloigne inexorablement du parti qui a fait la grandeur passée du Québec d’aujourd’hui et dont il se sent désormais aliéné. En d’autres termes, le PLQ lui est devenu étranger. Étant donné ces circonstances, qui prendra les rênes du parti habitué à gouverner et non à se retrouver dans l’opposition comme faire-valoir du gouvernement ou en jouant aux éternels trouble-fêtes ?

Le choix du futur leader, homme ou femme d’ailleurs, devient un véritable casse-tête pour les libéraux. Qui est le candidat ou la candidate qui pourrait surtout redonner confiance à des électeurs francophones ? Car pour ces derniers, leur choix d’un autre parti est large et diversifié entre la CAQ au centre droit, le PQ encore souverainiste, Québec solidaire à l’extrême gauche, qui s’annonce aussi souverainiste et d’autres petits partis dont les écologistes au premier chef.

Nouvelles générations

Le PQ n’a pas démérité quoi qu’en disent ses détracteurs de bonne ou de mauvaise foi. C’est l’idée de l’indépendance qui s’est affaiblie. Les turbulences péquistes n’ont été en un sens que le miroir de la réalité politique qui s’est imposée. Les nouvelles générations n’ont pas repris cet héritage. Elles ont chanté à l’unisson les hymnes de l’environnement en danger, de l’utopie mondialiste, de la toxicité de toute expression nationaliste et du relativisme culturel, l’assise d’une tolérance moins réelle que perverse.

On oublie souvent qu’une partie de la population craint comme la peste d’être socialement dépassée. La souveraineté n’est plus ni à la mode, ni tendance, ni dans la rectitude politique. C’est peu dire qu’elle a perdu de son vernis et de sa séduction.

En politique, un mois est parfois une éternité. La CAQ progresse, mais les années à venir ne gazouilleront pas comme les oisillons au printemps. La configuration politique générale que nous renvoie le coup de sonde de Léger comporte une tendance qui s’inscrit comme une faille, c’est-à-dire le rejet profond par les francophones du PLQ actuel. C’est un choc paradoxalement sans surprise.

Le sondage indique aussi la vraie distinction du Québec par rapport à tous les pays occidentaux. Et c’est l’inexistence d’un parti d’extrême droite. Nous devrions nous en réjouir collectivement tout en demeurant inquiets de l’extrême gauchisme de QS.