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Sexto = porno?

young woman using a smartphone in bed
Photo Adobe stock

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Est-ce que l’idée vous a effleuré l’esprit ? L’avez-vous déjà fait ? Le sexto, cette savante combinaison entre le sexe et le texte incite à se dévoiler via des mots coquins, des suggestions osées ou des photos qui en mettent plein la vue.

Même si certains maîtrisent l’art du sexto et le font avec brio pour enflammer leur désir sexuel, d’autres se retrouvent dans des positions plutôt fâcheuses, voire même dangereuses. Inoffensifs, les sextos ?

Plaisir ou danger ?

De toute évidence, il faut ­nuancer ! L’écart entre le plaisir et le danger peut sembler parler de lui-même, mais il faut faire attention, car rien n’est tout noir ou tout blanc. Spécialement en matière de sexualité ! Vouloir séduire en envoyant un sexto à une personne à qui l’on tient peut se vivre de manière tout à fait opposée, selon le contexte dans lequel cela se passe.

Citons d’abord l’histoire de Nathalie, une femme de 38 ans, divorcée et mère de trois enfants : « Paul et moi étions à nos premières semaines de fréquentations et j’avais envie de le surprendre par des textes un peu coquins. Je n’avais jamais fait ça auparavant ! Je me suis prise au jeu d’aimer lui envoyer des trucs différents chaque jour. Parfois un message osé, parfois une photo explicite — mais jamais on n’y voyait mon visage ! J’ai fait cela pendant une semaine et il a littéralement capoté ! Il a tellement aimé ça qu’il souhaite que je le refasse. Ça fait un an déjà que nous sommes ensemble et je n’ai pas répété l’expérience, je maintiens le suspense ! Le plaisir que tout cela nous apporte, ne serait-ce que d’en parler et de l’évoquer, stimule encore nos ébats, donc tant que la magie opère, on en profite ! ».

L’histoire de Frédéric, le fils de 14 ans d’une lectrice a complètement fait dérailler sa vie et celle de sa copine de l’époque (sans parler de la vie de tous ceux et celles qui entourent ces jeunes). Elle raconte : « Fred avait une petite blonde, on trouvait ça cute de les voir ensemble. Ils se bécotaient tout le temps, ils étaient embarqués l’un par-dessus l’autre dans nos réunions de famille et tout le monde disait qu’ils étaient don’ beaux à voir. Malheureusement, mon fils a toujours été très influençable. Un de ses amis lui a lancé un défi en lui demandant que sa blonde lui envoie des photos d’elle toute nue dans des poses suggestives. Il le lui a demandé, elle l’a fait “par amour”. Quelle tragédie ! Ses photos se sont retrouvées partout sur internet, avec des commentaires désobligeants, car l’ami de Fred a trouvé le moyen de les voler sur son cell. [C’était] pire qu’un cauchemar. [...] Ça nous poursuit encore. La petite a tenté de s’enlever la vie l’année passée. Je ne sais pas comment on va surmonter ça. »

Le sextage

Le sextage entre adultes consentants ne représente pas une infraction criminelle, mais il en va tout autrement pour les mineurs. Selon Cyberaide : « L’autoexploitation juvénile, aussi appelée sextage ou partage non consensuel d’images intimes, se définit comme le fait, pour un jeune, de créer et de transmettre ou de partager avec d’autres jeunes, par l’entremise d’internet ou d’appareils électroniques, des photos ou des vidéos à caractère sexuel. L’autoexploitation ­juvénile se fait au moyen d’un téléphone cellulaire, d’une application de messagerie vidéo, d’un réseau social, etc. »

Selon le ministère de la Sécurité publique du Québec : « Échanger des images intimes d’un jeune de moins de 18 ans, même si tous les jeunes impliqués sont mineurs, est considéré comme de la pornographie juvénile. [...] Même si l’intention de départ est peut-être un jeu de séduction, un jeune qui se prend en photo nu peut être accusé de production de pornographie juvénile. Celui qui possède ces photos peut être accusé de possession de pornographie juvénile [...] » 1.


► Besoin d’en parler ? ­jeunessejecoute.ca


1. Source : Sécurité publique du Québec, Sextos, échanger des photos intimes n’est pas un jeu d’enfant.