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Bébé de huit mois maltraité par sa gardienne: ses blessures comparées «à une chute de plusieurs étages»

Le dossier de Nicole d'Anjou-Delage fait état de plusieurs gestes brusques contre des enfants

Bébé de huit mois maltraité par sa gardienne: ses blessures comparées «à une chute de plusieurs étages»
Photo Nicolas Saillant

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Un poupon de 8 mois aurait été maltraité par sa gardienne à tel point qu’un médecin a comparé ses blessures «à une chute de plusieurs étages».  

À peine quelques jours après avoir fait son entrée à la garderie de Nicole d’Anjou-Delage, la mère d’une petite fille de huit mois remarque que son enfant pleure quand elle la touche au poignet, somnole et mange peu. Inquiète, la mère se rend à l’hôpital où les médecins décident de l’hospitaliser trois jours.   

De retour à la garderie de Charlesbourg à la mi-décembre 2014, l’enfant est une fois de plus transporté à l’hôpital lorsque la mère de la fillette est appelée à la garderie parce que l’enfant semble inconscient. Une fois à l’hôpital le docteur remarque alors que l’enfant «a le tonus d’une poupée de chiffon».   

Fractures et hématomes  

Une analyse plus poussée de la condition de l’enfant révèle alors qu’elle a les deux poignets fracturés ainsi qu’un traumatisme crânien. L’examen de l’œil gauche révèle aussi de «multiples hémorragies présentes dans toutes les couches de la rétine».   

La médecin compare alors le trauma subi par la fillette «à un accident d’auto ou une chute de plusieurs étages». L’enquête initiée à ce moment par le SPVQ permet de diriger les soupçons vers la gardienne Nicole d’Anjou-Delage.   

«Bébé noir»  

Devant les enquêteurs et la DPJ qui se présentent chez elle pour l’arrêter en février 2015, l’accusée dira d’emblée «qu’elle n’a rien à se reprocher, qu’elle n’a jamais fait de mal au bébé noir».   

Puis, devant un parent venu chercher son enfant en raison de la fermeture de la garderie, elle ajoute «que c’est la faute du bébé noir si la garderie ferme. Chaque fois qu’elle a pris des Noirs, elle a eu de la misère, qu’elle n’en prendra plus des (sacre) de Noirs». La mère de la fillette est originaire du Burkina Faso.   

La preuve a été présentée dans le cadre d’une requête de la Couronne sur l’admissibilité d’une preuve de conduite indigne et de faits similaires. La couronne voulait que la juge Marie-Claude Gilbert tienne compte de plusieurs plaintes et recommandations pour des gestes «brusques» faits l’endroit de plusieurs enfants depuis 2009.   

En 2010, une agente de conformité du CPE les petits mulots reliés à la garderie de l’accusé avait vu Nicole d’Anjou-Delage prendre les deux bras «vraiment serrés, les ongles entrés» d’un enfant de 3 ou 4 ans.   

Lors d’une autre observation en 2013, une autre intervenante avait vu l’accusé contrôler les enfants en les «attrapant par les poignets», une «intervention inacceptable» selon l’agente.   

Malgré plusieurs interventions auprès de la gardienne et une plainte au CA du CPE, rien n’avait été fait dans ce dossier.