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Intervention musclée dans le métro: des voix s’unissent pour demander une enquête indépendante

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Une coalition d'organismes et d'élus d'oppositions réclame une enquête indépendante sur une intervention musclée des agents de la Société de transport de Montréal survenue à la station de métro Villa-Maria le 7 mars dernier. La création d’une instance indépendante pour traiter les plaintes contre les agents du transport en commun est aussi demandée.

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La coalition a aussi demandé la création d’une instance indépendante pour traiter les plaintes contre les agents du transport en commun.

Selon la STM, l’homme impliqué dans l’altercation filmée par un témoin et relayée sur les réseaux sociaux importunait d’autres passagers avec un ballon et n’avait pas payé son titre de transport. Approché par les inspecteurs, il a d’abord coopéré, avant de tenter de s’enfuir. Sur la vidéo, on peut voir les agents donnant des coups de bâton télescopique à l’individu sur le quai, avant qu’il s’enfuie de nouveau.

Une demi-douzaine d’organismes, ainsi que Lionel Perez, chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, et le conseiller indépendant Marvin Rotrand, ont dénoncé un usage de force excessif par rapport à l’infraction commise. «On va vraiment frapper une personne» qui n’a pas payé un billet de métro (3,25 $), s’est indignée Tiffany Callender, présidente de l’Association de la communauté noire de Côte-des-Neiges.

«Le niveau de violence et le manque total de préoccupation de la part des agents de sécurité pour le bien-être et même la vie du jeune Noir soulèvent de sérieuses questions d’ordre moral, légal ainsi que social», a déploré Alain Babineau, représentant du Centre de recherche-action sur les relations raciales.

L’ex-agent de la GRC s’explique mal que les inspecteurs aient poursuivi à la course le jeune homme pour une infraction mineure. Selon M. Perez, cet incident remet aussi sur la table l’enjeu des caméras portatives.

Vers des enquêtes indépendantes?

La mairesse de Montréal s’est dite ouverte à une révision du protocole d’intervention de la société de transport en cas d’incident, tout en faisant confiance à celui en place. «L’idée d’avoir une enquête indépendante dans certains cas, on peut absolument le considérer», a indiqué Valérie Plante.

Cela dit, pour l’incident en question, le dossier semble clos. La mairesse s’est tenue aux côtés du président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, qui a défendu bec et ongles l’intervention des inspecteurs. «C’est clair que c’est jamais agréable de voir des choses comme ça, mais nous, notre responsabilité, c’est de s’assurer que les normes et les protocoles sont respectés et ç'a été le cas», a-t-il affirmé, ajoutant que «le continuum de la force a été respecté».

Après enquête interne, les deux inspecteurs ne seront pas sanctionnés. Ils ont agi «selon les normes et les procédures» en place, précise la STM dans une lettre. Les témoins de la scène n’ont pas été interrogés durant l’enquête qui s’est appuyée sur le récit des inspecteurs et les images captées par les caméras de surveillance.

La possibilité de donner plus de pouvoirs aux agents de la STM pourrait notamment être examinée, selon la mairesse. Si les inspecteurs avaient le statut de constables spéciaux, les incidents pourraient être examinés par le Commissaire à la déontologie policière, a fait valoir M. Schnobb. Des constables spéciaux sont en poste dans les palais de justice ou à l’Assemblée nationale, par exemple.

Peu de plaintes pour profilage

La STM rejette par ailleurs les accusations de profilage racial en lien avec l’altercation, soulignant qu’elle n’a fait l’objet d’aucune plainte en profilage racial depuis 2014. De 2003 à 2013, seules 3 des 25 plaintes déposées étaient fondées.

«La majorité du temps, les gens ne savent pas comment porter plainte», a commenté Mme Callender, soutenant qu’il existe un problème de profilage. M. Babineau abonde dans le même sens, mentionnant que peu de gens ont le courage de porter plainte formellement.

En 2017, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse enjoignait la Ville, le SPVM et la STM à s’attaquer au problème de profilage racial et social à Montréal.

Depuis avril 2017, elle a reçu «une seule plainte pour profilage racial dans l’accès aux transports»; et ce, pour tout le Québec, a appris le «24 Heures». Cette plainte visait une organisation dans la région du Grand Montréal, incluant Laval et la Rive-Sud, dont l’identité n’est pas divulguée pour des raisons de confidentialité.