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Les artistes qui se foutent de nous

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Avez-vous suivi l’affaire des « Fausses admissions » aux États-Unis ? J’adore cette histoire : des parents très riches ont dépensé des dizaines et même des centaines de milliers de dollars pour faire entrer, en trichant, leurs enfants dans de prestigieuses universités américaines.

Puisque deux actrices archiconnues sont impliquées et accusées, on parle beaucoup de cette histoire aux États-Unis. Ça me fait toujours marrer quand la gauche hollywoodienne, toujours en train de faire la morale et de se penser meilleure que le reste du monde, se fait prendre à avoir des comportements dégueulasses.

DES PARENTS DÉSESPÉRÉS

Felicity Huffman, qui jouait Lynette dans Beautés désespérées, et Lori Loughlin, qui jouait Tante Becky dans le sitcom Full House, sont accusées d’avoir menti, triché pour que leurs enfants puissent étudier dans de prestigieuses universités pour lesquelles les examens d’entrée sont très sévères.

Quand on lit les détails des accusations, on se croit en plein scénario de film ou de série télé. Certains parents ont « photoshoppé » le visage de leur enfant sur le corps de vrais athlètes pour faire croire que leurs enfants étaient des sportifs. Par exemple, les deux filles de Lori Loughlin ont été inscrites dans l’équipe d’aviron de leur université alors qu’elles ne savent pas comment tenir une rame. D’autres ont engagé des tuteurs pour répondre à la place de leurs enfants à des questions d’examen.

Vous voulez savoir le plus drôle ? Dans Beautés désespérées, il y a un épisode où le personnage de Felicity Huffman paye 15 000 $ pour s’assurer que ses enfants soient acceptés à une école privée. Et dans Full House, aussi, Lori Loughlin jouait une mère dont les enfants étaient admis dans une école prestigieuse sur la base de mensonges... !

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DES FAUSSES NOTES

Ce qui est hallucinant, c’est de voir les vedettes américaines se défendre entre elles.

Le dramaturge David Mamet, que j’adore, m’a terriblement déçu en se portant à la défense de Felicity Huffman, sous prétexte qu’il la connaît depuis 35 ans et qu’elle a joué dans trois de ses pièces : « Que le zèle d’un parent pour l’avenir de son enfant l’ait menée à laisser son jugement de côté pour un instant, c’est malheureux, mais bien des parents seraient d’accord avec moi, c’est un phénomène universel ».

Misère, elle est accusée d’avoir payé quelqu’un pour tricher à l’examen de son enfant et il laisse entendre que tous les parents, placés dans la même situation, auraient fait la même chose. Quel culot !

C’est aussi amusant de voir toutes ces vedettes, bienpensantes, donneuses de leçons, toujours prêtes à pointer du doigt les vilains politiciens corrompus... prêtes à corrompre n’importe qui pour le bien de leurs enfants.

Il y a seulement un mois, le comédien William H. Macy, le mari de Felicity Huffman, dénonçait en entrevue les mensonges... du président Trump.

UNE ÉLITE EN BANQUEROUTE

En fait, le meilleur résumé de cette histoire que j’ai trouvé, c’est sous la plume de Matthew Continetti dans National Review. « Pour quelle raison devrions-nous recevoir un avis politique de (la gauche hollywoodienne) ? De quel droit se dépeignent-ils comme éclairés, supérieurs, et plus sophistiqués que la moitié du pays, alors qu’ils mentent, volent et trichent ? (...) Ces gens-là ne sont pas intéressés par le bien commun. Ils ne s’intéressent qu’à eux-mêmes ».