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Train de Deux-Montagnes: L’action collective se solidifie

Train de Deux-Montagnes: L’action collective se solidifie
ZACHARIE GOUDREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI

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Les instigateurs de la demande d’action collective pour les utilisateurs du train Deux-Montagnes n’attendent pas un retour de la cour sans rien faire: les avocats explorent de nouvelles pistes pour bonifier le dossier et deux résidents ajouteront leur nom comme représentants des gens touchés par la fermeture de la ligne.

«Si on ne nous fait aucune proposition rationnelle et raisonnable, nous n’excluons aucun moyen procédural pour préserver les droits de nos clients», a souligné Me Gérard Samet, du cabinet Azran & Associés.

Comme les travaux de construction du Réseau express métropolitain (REM) auront pour conséquence d’approximativement doubler le temps de transport quotidien des personnes qui utilisent la ligne Deux-Montagnes, l’action collective a d’abord été lancée sur une notion extensive de voisinage, ainsi que sur un non-respect de la Charte des droits et libertés, puisque l’arrêt de service «remet en cause la pérennité de l’organisation de vie» des résidents.

Avec ses collègues Me Gabrielle Azran et Me Agathe Basilio, l’avocat explore maintenant les notions de droits acquis et de service public essentiel pour enrichir la demande. «Voilà des gens qui ont un train régulier, confortable. On ne peut pas faire grève dans un service essentiel sans permission particulière. Là, c’est pire que la grève: on supprime le service brutalement, dans un bassin de population aussi important, et on le remplace par quoi? Par une improvisation totale», a-t-il dit.

Pas d’options viables

Les sept à huit heures supplémentaires de déplacements chaque semaine déséquilibreront la vie des familles de Karolyne Viau et de Cédric Boileau, qui prennent le train chaque matin à la gare Deux-Montagnes. C’est pourquoi ils ajouteront leurs noms à celui de la Lavalloise Magali Barré comme représentants des citoyens visés par l’action collective.

Déjà, les deux enfants de Mme Viau, qui est mère monoparentale, ressentent les effets des délais dans les trajets de trains, aussi occasionnés par les travaux. «Quand j’arrive en retard pour la chercher, ma fille est stressée, elle pense que je l’ai oubliée», a-t-elle raconté.

Pour la garde partagée, Mme Viau doit rester à Deux-Montagnes; il est donc hors de question pour elle de déménager. Celle qui est comptable songe à trouver un nouveau poste sur la Rive-Nord au sein de la compagnie pour laquelle elle travaille, mais il n’y en a pas dans son domaine d’emploi. «Je n’ai pas envie de quitter mon emploi et de laisser mon fonds de pension», a-t-elle raisonné.

De son côté, Cédric Boileau, aussi père de deux jeunes enfants, redoute de devoir se mettre en «mode survie» et de gaspiller des heures qu’il aurait pu passer avec sa famille. Son emploi ne se trouve qu’à Montréal, et vendre sa maison dans les circonstances actuelles impliquerait probablement des pertes financières importantes.

«Je vais voir mes enfants peut-être une heure le soir, en leur donnant leur bain. Je vais devoir souper après, vers 21h, et aller me coucher directement, car je vais me lever à 5 h du matin pour repartir travailler. Faire ça pendant quatre ans, ce n’est pas réaliste», a-t-il affirmé.

«Il n’y a aucune option viable. Chaque décision qu’ils vont prendre va se tourner vers un préjudice certain», a résumé Me Azran.

L’action collective vise l’Agence régionale de transport métropolitain (ARTM), la Caisse de dépôt et placement du Québec et exo. Elle ne s’oppose pas au REM, mais vise à défendre les droits des utilisateurs des lignes de train Deux-Montagnes et Mascouche, dont le service sera coupé pendant plusieurs années.