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Un petit électrochoc à l’industrie du remorquage-survoltage

Boostmi veut moderniser et optimiser une industrie dominée par CAA-Québec

Le PDG Michael Bibeau a cofondé Boostmi. Cette jeune entreprise espère damer le pion à CAA-Québec, qui domine l’industrie .
Photo Martin Alarie Le PDG Michael Bibeau a cofondé Boostmi. Cette jeune entreprise espère damer le pion à CAA-Québec, qui domine l’industrie .

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Profitant de l’engouement pour l’économie de partage, l’entreprise québécoise Boostmi tente de rivaliser avec CAA-Québec dans l’industrie du remorquage-survoltage, en modernisant le service à l’ère du numérique.

C’est lors d’un épisode au cours duquel un dépannage tardait à arriver que Michael Bibeau a eu l’idée de se lancer dans le remorquage-survoltage en 2015.

« Je trouvais ce milieu peu efficace, autant dans ses communications que dans son fonctionnement, lequel nécessitait beaucoup de paperasse, indique celui qui évoluait alors dans l’immobilier commercial. De plus, en période de pointe, les jours de grand froid ou de tempête, l’attente était franchement longue pour obtenir de l’aide. »

Le Québec a connu un hiver rigoureux. Il a été marqué par de fortes précipitations et des journées froides. Les automobilistes en ont pris pour leur rhume. Uniquement chez CAA-Québec, l’organisme a exécuté 361 000 dépannages automobiles de novembre à février. À elle seule, la journée du 21 janvier a généré 10 600 demandes. Remorquages (36 %), survoltages (35 %) et enlisements (11 %) ont été ses services les plus sollicités. Si son équipe maintient bon an mal an un délai moyen d’intervention d’une trentaine de minutes, d’autres joueurs s’en tirent moins bien.

Automobilistes au secours

S’inspirant du principe de l’économie de partage, il a implanté Boostmi, un service où les individus deviennent les fournisseurs. Ainsi, en cas de besoin, un utilisateur émet sur l’application Boostmi sa demande pour un remorquage, un survoltage, ou une livraison d’essence ou de pneus. Les détenteurs de l’application qui se trouvent à proximité reçoivent alors une notification, puis y répondent s’ils le désirent. Sur les 25 $ que le client devra ensuite débourser, le bon Samaritain en conservera 20 $, les 5 $ autres allant à Boostmi.

Plus de 20 000 téléchargements de l’application ont été enregistrés depuis sa création en 2015. Avec autant d’automobilistes formant son escouade, Boostmi soutient qu’il ne s’écoule que 7 à 20 minutes entre une demande d’aide et la prestation du service. « Et depuis le début de 2019, nous gardons notre moyenne sous les 10 minutes », affirme Michael Bibeau, ajoutant que la géolocalisation permet au client de toujours savoir en temps réel où est rendu le véhicule de secours.

Au service des villes

Cela dit, l’entrepreneur a implanté Boostmi avec un objectif plus large que le dépannage, soit l’amélioration de la fluidité urbaine. À ce chapitre, Michael Bibeau souhaite collaborer avec les Villes pour en devenir un partenaire.

« Nous “monitorons” et documentons chaque demande lancée sur notre application, explique-t-il. Par conséquent, avec toutes nos données collectées, nous sommes en mesure de savoir, par exemple, que plusieurs crevaisons se produisent sur une certaine rue. Nous pourrions donc transmettre cette information aux responsables des travaux publics afin qu’ils portent une attention particulière aux nids-de-poule dans ce secteur. »

Boostmi

  • Fondée en : 2015
  • Domaine d’affaires : services de dépannage aux automobilistes : remorquage, survoltage, livraison d’essence ou d’un pneu
  • Actionnaires : Michael Bibeau, François Lambert
  • Employés : 10