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La victime présumée d’Éric Salvail se confie: «Je suis le seul cas reconnu, c’est plus lourd à porter»

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Quand les allégations de harcèlement et d’exhibitionnisme concernant Éric Salvail ont été mises au jour dans la foulée du mouvement #metoo, Donald Duguay a vu sa vie basculer. En quelques jours, tout ce que l’animateur et producteur, qui était à l’époque un illustre inconnu, lui aurait fait vivre est revenu à son esprit. L’homme a senti le besoin d’en parler et surtout de porter plainte à la police. 

Donald Duguay a décidé d’accorder une entrevue à une poignée de journalistes, dont Jean-François Guérin de TVA Nouvelles, afin de dévoiler dans une prise de parole libératrice ce que lui aurait fait vivre Éric Salvail d’avril à novembre 1993.  

M. Donald Duguay est la seule victime présumée d’Éric Salvail pour laquelle le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé de porter des accusations. L’animateur de télévision de 49 ans est accusé de harcèlement, d'agression et de séquestration à l’endroit de Donald Duguay. Il a été arrêté en janvier dernier. 

«Je suis le seul cas reconnu, c’est plus lourd à porter, je deviens le point focal de la haine pour ceux qui veulent défendre Salvail. Je n’ai rien à voir dans sa chute directe, il l’a provoquée», lâche M. Duguay. 

Service du courrier de Radio-Canada 

C’est alors qu’il travaillait au service du courrier de Radio-Canada, tout comme Éric Salvail à l’époque, que les gestes à caractère sexuel non désirés à l'endroit de Donald Duguay auraient commencé. À plusieurs reprises sur une période de sept mois, Salvail aurait commis des actes répréhensibles pour lesquels il devra faire face à la justice. 

Au cours de l'entrevue accordée à TVA Nouvelles, Donald Duguay n'est pas entré dans les détails concernant ce qu'Éric Salvail lui aurait fait subir; l’homme ne tombera jamais dans le scabreux, mais il veut dénoncer son agresseur présumé. «Quand je pense à lui, je pense à mon agresseur et non pas à la personnalité publique», souligne-t-il. 

«Personnellement, je n’en ai rien à cirer, de monsieur Salvail», admet Donald Duguay. L'homme de 46 ans, par sa plainte au criminel, souhaite que le préjudice qu’il a subi soit réparé. «Qu’il fasse un an, six ans ou dix ans de prison, pour moi, ça ne changera rien.» 

Choc post-traumatique 

M. Duguay explique qu’au cours des 25 dernières années, il est passé par toutes les phases liées au choc qu'il a subi. Sa vie a été littéralement chamboulée depuis 1993. Il a éprouvé de la tristesse, puis de plus en plus de pensées noires sont venues le tarauder. La dépression l’a envahi. Il a même vécu des épisodes suicidaires. Il a consulté des psychologues et des psychiatres, ne sachant trop ce qu’il advenait de lui ou ce qui provoquait son mal-être. 

Par mécanisme de protection, la mémoire de Donald Duguay aurait enfoui son agression présumée. L’électrochoc est survenu à l’automne 2017, quand les allégations à l’endroit d’Éric Salvail ont commencé à sortir dans les médias. En cinq jours, Donald Duguay a su qu’il était dans son esprit une victime de la vedette de la télévision québécoise. Il a porté plainte au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) contre Éric Salvail. 

«J’ai fait ma vie durant 25 ans, je n’étais pas caché dans le noir à attendre un moment de revanche [...] à ruminer. Je ne pensais pas que ça avait eu tant d’impact dans ma vie. Quand tout explose et que le choc post-traumatique apparaît... Je prends beaucoup de médication, je tremblote», informe Donald Duguay, se montrant à la fois vulnérable et fort. 

M. Duguay est actuellement en arrêt de travail. Il a même fait une nouvelle tentative de suicide en début d’année. Une chose l’aide cependant à traverser ces épreuves, sa page Facebook «7 millions de mousquetaires», qu’il a créée dans le but d’aider les victimes d’agression sexuelle. 

  – Avec TVA Nouvelles