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«Je n’ai aucunement brassé cet enfant-là»

L’ex-gardienne de Charlesbourg a assuré devant la juge qu’elle n’était pas responsable des blessures d’un bambin de huit mois.

La gardienne de 69 ans Nicole d'Anjou-Delage est accusée de voies de fait graves sur un bébé de 8 mois.
Photo Nicolas Saillant La gardienne de 69 ans Nicole d'Anjou-Delage est accusée de voies de fait graves sur un bébé de 8 mois.

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L’ex-gardienne de 69 ans Nicole D’Anjou-Delage admet être une personne «peut-être plus rude qu’une autre», mais elle assure qu’elle n’a jamais «brassé» le bébé de huit mois contre qui elle est accusée d’avoir commis des voies de fait graves.  

«Je n’ai jamais blessé un enfant, ce n’est jamais arrivé qu’un enfant a été blessé à ma garderie, a soutenu l’accusée qui a commencé à témoigner pour sa défense, mardi.  

«Je suis une personne nerveuse, oui, mais j’ai un bon contrôle de moi. Je n’ai aucunement brassé cet enfant-là. Jamais», a-t-elle assuré devant la juge Marie-Claude Gilbert, qui préside le procès de l’ancienne propriétaire d’une garderie en milieu familial, dans le secteur de Charlesbourg.  

«Pas en forme»  

Selon la version de D’Anjou-Delage, le poupon était «maussade» et «n’avait pas l’air en forme» dès sa première journée d’intégration à la garderie, le 2 décembre 2014.  

La fillette de huit mois ne voulait pas s’alimenter, avait la diarrhée, mais elle ne faisait pas de température, a affirmé l’accusée.  

Au quatrième jour du bambin à la garderie, D’Anjou-Delage dit avoir vu un autre enfant lui frapper la tête avec une télécommande de télévision.  

«J’ai disputé l’enfant, pas fort», a-t-elle mentionné, avant d’ajouter que la petite n’avait pas de blessure et avait continué à jouer avec des blocs.  

Après quelques jours d’absence en raison d’une hospitalisation, le bébé est retourné à la garderie le vendredi 12 décembre.  

Bébé sans tonus  

Encore là, selon l’accusée, la petite «n’allait pas bien pantoute» dès son arrivée. Lorsqu’elle est allée chercher le poupon dans le parc en après-midi, D’Anjou-Delage dit avoir constaté que la fillette était «ben molle» et n’avait «pas de tonus».  

L’accusée lui a aussitôt fait des manœuvres de réanimation. Le bébé a repris ses esprits, mais avait toujours tendance à vouloir se fermer les yeux «comme pour s’endormir». La mère, qu’elle venait de contacter, est arrivée quelques minutes plus tard. Elle a allaité sa fillette puis est partie avec elle à la maison.  

Puis, le mardi suivant, le bébé a fait son retour à la garderie. D’Anjou-Delage a mentionné se rappeler un « incident » lorsque la petite était assise au sol. « Elle était portée à s’envoyer par en arrière et veut, veut pas, sa petite tête allait au sol », a-t-elle dit.  

En après-midi, la même situation que le vendredi est survenue. Elle lui a fait des manœuvres de réanimation cette fois encore et la mère est arrivée au même moment, a-t-elle indiqué.  

Selon l’accusée, en habillant son bébé, la mère « a échappé la tête de la petite sur le comptoir ». Si elle n’a pas appelé le 9-1-1, D’Anjou-Delage soutient que c’est parce que la mère du bébé était présente.  

«J’ai fait ce qu’il fallait faire, selon moi, mes moyens », a-t-elle répété, contre-interrogée par la procureure de la Couronne, Me Sonia Lapointe, qui lui a notamment fait remarquer que l’incident de la télécommande de télévision n’avait pas été inscrit à son journal de bord. «C’est un oubli», a-t-elle répondu.  

«Je ne suis pas raciste »  

D’Anjou-Delage a par ailleurs nié avoir déjà dit qu’elle «ne prendrait plus des (sacre) de Noirs». La maman du bébé qu’elle est accusée d’avoir maltraité est originaire du Burkina Faso.  

«Je ne suis pas raciste et je n’ai pas dit des affaires racistes», a déclaré l’accusée.  

Rappelons qu’après les événements du 16 décembre 2014, un médecin a comparé le trauma subi par la fillette «à un accident d’auto ou une chute de plusieurs étages».  

Elle avait les deux poignets fracturés ainsi qu’un traumatisme crânien. L’examen de l’œil gauche a révélé de «multiples hémorragies présentes dans toutes les couches de la rétine».   

Dans les années précédant les événements pour lesquels D’Anjou-Delage est accusée, des agentes de conformité du CPE les Petits Mulots avaient signalé des gestes «brusques» commis par la gardienne auprès d’enfants.  

Malgré une plainte au CA du CPE, rien n’avait été fait.