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Est-ce suffisant?

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Habituellement, suite au dépôt d’un budget gouvernemental, les analystes politiques et économiques doivent immanquablement répondre à la question suivante : est-ce un bon budget ?

Or, il apparaît que dans le cas de l’exercice effectué hier par le gouvernement de Justin Trudeau, la question est davantage : est-ce LE bon budget ? C’est-à-dire, est-ce que les mesures annoncées et la globalité de la manœuvre peuvent contribuer à sortir les libéraux du bourbier dans lequel ils sont plongés depuis plus d’un mois ?

J’en doute fort.

Budget électoraliste

Dans les faits, le gouvernement a voulu faire plaisir à tout le monde et son père. Tout y passe. Les jeunes, les vieux, les écolos, les villes, les autochtones, les fermiers, alouette ! Et au diable le retour à l’équilibre budgétaire.

Ce que cela veut dire, c’est qu’on peine à identifier une orientation claire ou une mesure phare. Quelque chose qui aurait permis de changer le mal de place.

Mais en tirant dans toutes les directions, Justin Trudeau dilue son message. Certes, il pourra tenter de faire vivre son budget régionalement en se promenant un peu partout et en annonçant de bonnes nouvelles. Mais ce dont il avait le plus besoin, c’était de modifier la conversation nationale.

Peine perdue

En ce sens, on peine à voir comment ce budget pourrait permettre de faire oublier l’affaire SNC-Lavalin Et les conservateurs n’ont certes pas l’intention de lâcher le morceau, d’autant plus que la récente nomination d’une ex-ministre libérale à titre de consultante dans cette saga et la fin des travaux du Comité permanent de la justice annoncée hier auront eu pour effet d’apporter de l’eau au moulin d’Andrew Scheer.

Soyons clairs. Ce budget n’est pas nécessairement un mauvais budget. Il y a du bon. Mais de là à croire qu’il permet au premier ministre de reprendre le contrôle de sa barque, rien n’est moins sûr.