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La police pointée du doigt pour «profilage politique»

La Commission des droits de la personne veut que les gradés aient une formation

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Photo d’archives Les policiers de la Ville de Montréal avaient procédé à environ 250 arrestations sur la rue Saint-Hubert, entre Sainte-Catherine et De Maisonneuve, dans le cadre de la manifestation annuelle contre la brutalité policière, le 15 mars 2013.

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La Commission des droits de la personne accuse la police de Montréal d’avoir fait du « profilage politique » lors d’une des manifestations contre la brutalité policière, qui donne presque systématiquement lieu à de la casse.

« La Ville de Montréal, par l’intermédiaire de son service de police, a porté atteinte au droit des victimes », peut-on lire dans une poursuite déposée cette semaine au palais de justice de Montréal.

L’organisme gouvernemental a intenté cette poursuite civile au nom de huit personnes et de la Ligue des droits et des libertés, en lien avec la manifestation contre la brutalité policière de 2013. La Commission veut également forcer ses gradés à suivre des cours sur la liberté d’expression.

Cet événement annuel donne régulièrement lieu à des scènes de violence, et les manifestants s’en donnent à cœur joie pour défier les policiers et faire du vandalisme.

En 2013, les policiers avaient fouillé les sacs des participants dès le début. À la fin de la soirée, environ 250 personnes avaient été arrêtées.

« Inacceptable »

Pour la Commission des droits de la personne, il s’agissait là d’un comportement inacceptable de la part des policiers et qui mérite d’être puni.

« L’intervention policière du 15 mars 2013 [...] constitue une forme de profilage politique qui visait notamment à décourager de futures manifestations de personnes engagées contre la brutalité policière », peut-on lire dans le document de cour.

Ainsi, en procédant à ces arrestations, la police a empêché les manifestants de faire valoir leur « liberté d’expression et de réunion pacifique », critique la Commission, qui réclame entre 12 000 $ et 17 000 $ pour chacun des huit demandeurs.

Mais la Commission en veut plus. Selon elle, les dirigeants de la police de Montréal devraient aussi être éduqués sur les droits fondamentaux des manifestants.

Formation forcée

Elle demande ainsi au Tribunal des droits de la personne d’ordonner à la Ville d’offrir aux hauts gradés une formation « portant sur les droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté d’expression sans discrimination dans un endroit public ».

« [La demande] est justifiée afin de prévenir la récurrence de la discrimination et du profilage fondés sur les convictions politiques », peut-on lire dans la poursuite.

Contactée par Le Journal, la Commission n’a pas voulu s’étendre, pour le moment, sur les raisons qui l’ont poussée à intenter cette poursuite.

Une porte-parole a toutefois indiqué qu’avant de déposer une demande, un comité d’enquête tranche sur le bien-fondé des plaintes.

Le recours est déposé seulement si l’organisme visé refuse de se plier aux demandes de la Commission.