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Marie-Ève Dicaire: gagner pour sa mère

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 Championne du monde des super-mi-moyens, Marie-Ève Dicaire entamera samedi prochain la défense de son titre IBF, une consécration qu’elle n’aurait bien pu jamais obtenir.

 C’est que la route a été longue et ardue pour la boxeuse de Saint-Eustache avant d’atteindre de pareils sommets. En 2018, lorsque la protégée du Groupe Yvon Michel a appris qu’elle allait se battre pour le titre NABF, elle n’avait pas du tout la tête à la boxe. 

 «Je faisais les allers-retours au CHUM avec ma mère et je voyais son état se détériorer, car c’était un cancer du larynx. Elle n’était plus capable de manger et elle avait de la difficulté à boire», explique-t-elle pour la première fois à la caméra. 

 La situation fut telle que l’équipe de la boxeuse a songé à reporter le combat, pourtant d’une importance inégalée pour la carrière de la boxeuse de 32 ans. Dicaire a refusé catégoriquement l’option qui lui a été proposée, désirant mener son combat comme son modèle le faisait depuis déjà quelque temps. 

 «Ma mère s’est battue pour que j’accomplisse mes rêves, que j’aille au bout. Si elle sait qu’on annule ce combat, elle ne se serait pas pardonnée», ajoute-t-elle. 

 Destinée à gagner

 Sportive de nature, l’enfant unique de Pierrette Dicaire s’est initiée au karaté alors qu’elle avait six ans. C’est lors des championnats du monde en Espagne qu’elle a réalisé que rien ne pouvait l’arrêter. 

 «C’est la première fois que je voyageais. Je m’en allais en Espagne avec mon sac à dos et mon sac de karaté, et je suis revenue championne du monde», raconte Marie-Ève, aux côtés de sa mère. 

 Malgré ses succès dans cette discipline, elle a quand même choisi de faire le saut dans la boxe à 24 ans. C’était en 2015 et, encore une fois, Dicaire pouvait compter sur le soutien de sa mère même si celle-ci s’avoue encore incapable de regarder ses combats. 

 «Je vais dans les toilettes et je mets mes doigts dans mes oreilles pour ne pas entendre», explique-t-elle, se confiant à la caméra pour la toute première fois. 

 Dix mois après cet épisode difficile, Marie-Ève est grimpée dans le ring pour y défaire l’Uruguayenne Chris Namus. 

 Cette même soirée, c’est tout le clan Dicaire qui a soufflé. Marie-Ève devenait la première Québécoise à s’emparer d’un championnat du monde de boxe, tandis que sa mère apprenait quelques semaines plus tard avoir remporté son combat contre le cancer. 

 Samedi soir au Casino de Montréal, Pierrette Dicaire ira fort probablement aux toilettes se boucher les oreilles, le temps que Marie-Ève livre un autre combat, cette fois à la jeune Dominicaine, Lina Tejada, première à tenter de lui arracher son titre de championne du monde.