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Quand l’État, lui, veut son fric

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J’ai reçu une lettre du ministère du Revenu cette semaine.

Je dois 137,75 $ à l’État québécois. Un oubli, j’imagine. J’ai dû recevoir une lettre que j’ai égarée. Un restant de solde à payer. Ça arrive dans les meilleures familles.

PAIE SANS DÉLAI !

Bref, j’ai envoyé mon chèque sur-le-champ.

Car on ne niaise pas avec l’État. Les termes de la lettre étaient clairs : « Avis de recouvrement. Pour éviter de payer encore plus d’intérêts, veuillez payer ce solde sans délai.

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« Si vous ne donnez pas suite à cet avis, des frais additionnels de 106 $ pourraient s’ajouter à votre solde si l’un de nos agents doit prendre en charge le recouvrement des sommes dues. » C’est drôle, hein, mais quand on doit de l’argent à l’État, l’État ne se traîne pas les pieds.

Il nous envoie un avis de recouvrement subito presto, recto verso et eso beso. Comme si l’avenir de la province au grand complet dépendait des 137 dollars qu’on leur doit.

Mais quand c’est l’État qui vous doit de l’argent, vous avez intérêt à prendre votre mal en patience.

Soudainement, je ne sais pas pourquoi, ça devient hyper compliqué.

Il y a un embouteillage monstre sur l’autoroute de l’information.

LES CENDRES DE PHÉNIX

Regardez les fonctionnaires fédéraux. Certains attendent leur paie depuis six mois, à cause d’un problème avec le système de paie Phénix. Quelques-uns ont perdu leur auto, leur maison. D’autres ont déclaré faillite. Il y en a même qui ont divorcé ou ont fait une dépression. Je suis sûr que ces fonctionnaires aimeraient envoyer un avis de recouvrement à l’État canadien. « Vous me devez x milliers de dollars depuis des mois. Si vous n’envoyez pas votre chèque dans les plus brefs délais, couvrant la somme due plus les intérêts, je me verrai dans l’obligation d’utiliser la manière forte. » Malheureusement, ça ne fonctionne pas comme ça.

L’État peut utiliser tout son poids pour faire peur au citoyen. Mais pas le contraire. Face à la machine, nous sommes impuissants. C’est pour ça que l’Alliance de la Fonction publique du Canada a bloqué l’accès à un édifice fédéral à Montréal, hier. Et que des membres du même syndicat ont manifesté la semaine dernière à Québec. Qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent d’autre ? Ça fait trois ans que ce dossier traîne !

Certains fonctionnaires n’ont pas été payés depuis plus d’un an ! On n’est pas dans un pays du tiers-monde. Mais dans l’un des pays les plus riches de la planète ! Et on n’arrive pas à payer nos fonctionnaires comme du monde !

C’est surréaliste...

LE CAS PORTER

Tout ça à cause d’un système de paie déficient, qui a coûté plus d’un milliard de dollars à l’État australien en 2010. Comme a dit une représentante syndicale australienne à Radio-Canada : « Je ne comprends pas pourquoi l’État canadien n’a pas fait une simple recherche Google avec les mots IBM et PAIE avant d’acheter ce système qui a causé tant de dégâts chez nous. »

Que voulez-vous, c’est comme ça, ici. On a déroulé le tapis rouge à Arthur Porter, alors qu’il avait plongé un méga-hôpital de Detroit en faillite en 2004 !

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