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Un ministre qui veut du changement

Le ministre Pierre Dufour espère que grâce à la baisse du prix des permis de pêche plusieurs grands-pères feront comme Gilles Dubois, qui a initié son petit fils Christopher Genn. Il a capturé ses premières grosses truites mouchetées l’été dernier.
Photo Julien Cabana Le ministre Pierre Dufour espère que grâce à la baisse du prix des permis de pêche plusieurs grands-pères feront comme Gilles Dubois, qui a initié son petit fils Christopher Genn. Il a capturé ses premières grosses truites mouchetées l’été dernier.

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L’arrivée en poste du nouveau ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, pourrait fort bien signifier un vent de renouveau dans le monde de la chasse et de la pêche au Québec.

Dans une entrevue exclusive au Journal, le ministre a tenu à rassurer le milieu de la chasse et de la pêche en expliquant qu’il ne sera pas simplement un figurant à la tête de son ministère.

« Je suis quelqu’un qui aime beaucoup s’informer et poser des questions à différents intervenants du milieu avant de prendre une décision définitive, d’expliquer le ministre. J’aime me faire une tête à partir de plusieurs sources de renseignements qui vont me faire valoir différentes facettes d’une situation, et non pas seulement à partir des intérêts directs d’une source unique. »

Natif de Thetford Mines, une région de chasse et de pêche, il s’est retrouvé en Abitibi, un des terrains de jeu les plus fréquentés par les chasseurs et les pêcheurs au Québec. La famille possède un camp de chasse dans la région de Joutel.

Plus pêcheur que chasseur, le ministre a profité de son passage au Salon chasse et pêche de la fin de semaine dernière pour annoncer la baisse du coût des permis.

« Nous tenons notre promesse de redonner de l’argent aux chasseurs et aux pêcheurs, ce qui favorisera la relève et l’accès aux activités traditionnelles que sont la chasse et la pêche. Nous sommes persuadés que les réductions proposées touchent directement deux permis d’initiation par excellence. »

Ainsi, le permis de pêche passe de 30,89 $ à 22,79 $ et le permis de chasse du petit gibier de 24,82 $ à 21,01 $.

Nous en avons profité pour lui poser une série de questions.

Quelle est votre position sur l’accès aux plans d’eau ?

« Lorsque l’on m’a abordé sur le dossier de l’accès aux plans d’eau, c’était nouveau pour moi parce qu’en Abitibi-Témiscamingue, ce n’est pas un problème. Dans le libellé de la CAQ, il y avait une position là-dessus. Je dois attendre le dépôt officiel du budget avant de savoir ce qui va se passer dans ce dossier. Je ne peux en dire plus maintenant. Je sais que pour les gens des régions limitrophes à Montréal, c’est un problème. J’en suis très conscient. »

Que va-t-il arriver avec le manque à gagner créé par la réduction du coût de certains permis ?

« J’ai soulevé cet élément parce que ça avait définitivement un impact sur les finances du ministère. Nous avons donc immédiatement réacheminé des demandes au Conseil du Trésor afin d’obtenir des sous disponibles dans certains programmes pour compenser ces pertes. Je n’ai pas encore de réponse parce qu’il faut attendre le dépôt du budget. J’espère que les choses vont bien aller. Une fois la réponse en mains, nous allons agir en conséquence. »

Avez-vous l’intention de créer une politique sur la faune ?

« Présentement, il y a une politique sur les habitats fauniques et d’autres sujets connexes, que monsieur Blanchette (Luc, son prédécesseur dans le gouvernement précédent NDLR) avait déposée en chambre. Toutefois, en raison de la convalescence du ministre par la suite, il n’y a pas eu de commission parlementaire ou débat là-dessus. La politique est morte au feuilleton. »

« Dernièrement, on m’a demandé de représenter le tout pour faire passer cette loi-là. En prenant connaissance du canevas, j’ai trouvé des éléments que je n’aime pas. Nous allons repartir sous peu le processus afin d’apporter les correctifs que nous jugeons à propos. Ce que nous espérons, c’est qu’à l’automne, on devrait déposer ce projet de loi. On va revoir certaines affaires, par exemple comment on pourrait clarifier la situation des chiens de sang. Tant qu’à faire une politique, il faut prendre le temps de la revoir. »

Quelles seront vos relations avec les fédérations fauniques qui représentent les usagers ?

« Nous avons reparti la Table nationale faune. Je veux traiter les fédérations comme des partenaires, et non être simplement directif sur elles à partir de politiques du ministère. Comme ce sont des partenaires, il faut travailler avec elles pour essayer d’améliorer le système. »

« Nous devons faire un compromis entre ce que les fédérations pensent et ce que mon ministère travaille, tout cela dans le but d’améliorer le système québécois.

Je suis bien conscient que la particularité du monde de la faune c’est que les amateurs utilisent la forêt au même titre que d’autres groupes, qui ont des intérêts différents. Il faut donc arriver à trouver un juste milieu pour que chacun y trouve sa place. Depuis ma nomination, je me suis bien rendu compte que les gens de la faune sont des gens de cœur qui aspirent à ce que le dossier qu’ils défendent soit au premier plan. »