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115 000 millions! Lui y connaît ça!

Je dépense donc je suis...

115 000 millions! Lui y connaît ça!

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«La richesse illumine la médiocrité» - Bonnard   

  

Plusieurs pensaient avoir élu un gouvernement différent des autres. Mais non, celui de la CAQ en est un de gauche, lui aussi, fastueux, prodigue comme ceux qui l’ont précédé.  

C’est normal, direz-vous. Ainsi va la vie sous le dôme... Impossible d’être autrement dans un environnement socio-dépensier comme la Belle province, charitable, hypocondriaque et incapable de sortir de sa Révolution tranquille...   

Les contribuables les plus taxés d’Amérique, seconds derrière le Danemark au palmarès mondial des citrons pressés, ont de quoi pleurnicher jusqu’à l’an prochain: jamais n’avait-on vu une si belle occasion de baisser les impôts sur le revenu. Rendre aux véritables contribuables les trop-perçus... Gratifier ceux qui paient, pour une fois...   

Avec des surplus structuraux, des transferts fédéraux encore et toujours en hausse et des revenus de taxation inégalés, la marge de manœuvre rendait l’opération possible, voire facile. Il aurait suffi d'un peu de courage. Baisser les taxes scolaires? Purement symbolique, qu'on le sache!   

Il n’y a qu’un gouvernement de gauche pour ne pas avoir regardé les choses sous cet angle. C’est pour lui plus naturel de vénérer la dépense que de faire une reddition des comptes...   

Cette marge de manœuvre est une gracieuseté des libéraux, bien sûr. Ils n’ont jamais réduit les dépenses mais plutôt ralenti leur croissance de manière à ce que les revenus prennent les devants. De là, les surplus dits structuraux.   

On évoque encore souvent une soi-disant austérité mais c’est par choix idéologique. Il n’y a pas d’austérité quand les dépenses augmentent, ça tombe sous le sens...    

Enfin bref, au Québec, on aime bien se faire des peurs avec rien...    

115 000 millions! Lui y connaît ça!
Photo Stevens Leblanc

Dans un des nombreux documents budgétaires rendus publics jeudi, un graphique résume l’ampleur du party budgétaire. Intitulé «Le Financement des services publics au Québec en 2019-2020», il est super simple et montre comment 115 000 millions, soit exactement 115,6 milliards seront dépensés d’ici à mars 2020.    

C’est une masse de fric, ça monsieur, et il s’en trouvera pour dire que ça ne suffit pas...   

Ces milliards seront écoulés tranquillement dans le grand percolateur du modèle québécois, passant par le Fonds général, les Fonds spéciaux, le Fonds des générations, par des «Organismes autres que budgétaires», ou dans les commissions scolaires, dans les centres intégrés de santé et de services sociaux, ainsi que dans une multitude d’entités, de comités, de sous-comités, de directions et de sous-directions, de commissions, de régies, de sociétés, de bureaux, d’offices et d’officines, de conseils, d’instituts, d’écoles et de comités plus consultatifs les uns que les autres...    

Et tout ça, absolument tout et absolument tout le monde est absolument essentiel partout, et empêchait le gouvernement le mieux placé de l’histoire de toucher au régime fiscal parmi les plus agressifs au monde.   

La plupart des commentateurs, progressistes comme il le faut, ont donc conclu à un «bon budget» tandis que les tonitruants syndicaux, manifestement satisfaits, avaient de la difficulté à faire la gueule.   

Au Québec, la dépense publique est la quintessence du politiquement correct.    

Vous y penserez ces jours-ci en postant votre rapport d’impôt ou en payant vos acomptes provisionnels. Vous vous réconforterez en songeant au bonheur des autres.    

Réjouissez-vous du rendement du Fonds des congés de maladie accumulés, de la nécessité de la Commission de toponymie et du Secrétariat du bingo, du Fonds vert, de la Société québécoise du cannabis....   

C’est la seule façon de ne pas devenir fou dans une province de gauche.