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Attaque à l’Oratoire: l’agresseur du prêtre souffre de problèmes psychologiques

L’homme arrêté à l’Oratoire vendredi est accusé de tentative de meurtre

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Photo Agence QMI, Maxime Deland De nombreux policiers ont été déployés sur les lieux après l’attaque.

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L’homme accusé samedi d’avoir voulu tuer le recteur de l’oratoire Saint-Joseph avec un couteau de cuisine en pleine messe est médicamenté pour traiter des problèmes psychologiques.

Vlad Cristian Eremia, 26 ans, a brièvement comparu par visioconférence en fin d’après-midi au palais de justice de Montréal devant la juge Flavia Longo, dans une salle bondée de journalistes.

Il fait face à des accusations de tentative de meurtre et de voie de fait armée sur le père Claude Grou.

Représenté par l’Aide juridique, l’accusé vêtu d’une chemise à carreaux n’a pas enregistré de plaidoyer. La Couronne s’est opposée à sa remise en liberté et a réclamé une consultation en urgence psychosociale.

Il s’agit d’une intervention de crise pour les situations impliquant des personnes ayant un état mental potentiellement altéré.

Le père de l’accusé, Cristian Eremia, a confirmé au Journal que son fils souffrait de « problèmes » psychologiques.

Vlad Cristian Eremia est accusé d’avoir tenté de tuer le père Claude Grou lors d’une messe dans la crypte de l’Oratoire vendredi matin.
Photo courtoisie
Vlad Cristian Eremia est accusé d’avoir tenté de tuer le père Claude Grou lors d’une messe dans la crypte de l’Oratoire vendredi matin.

Médicamenté

« Comment voulez-vous que je me sente ? a-t-il lancé depuis la porte de son logement, visiblement démoli par les agissements de son garçon. Je voudrais être six pieds sous terre présentement. »

Selon nos informations, l’état de santé du jeune homme nécessiterait des médicaments qu’il n’avait pas avec lui au moment de son arrestation.

Vendredi vers 8 h 40, le jeune homme de forte stature s’est levé de son banc à l’arrière de la crypte et s’est dirigé d’un pas rapide vers l’autel où le père Grou s’apprêtait à lire l’Évangile, selon ce que montre une vidéo de l’incident.

Le religieux de 77 ans a tenté de fuir l’assaillant avant d’être atteint au thorax et au flanc par un « couteau de cuisine » de 15 centimètres.

Le père Grou s’est débattu, entraînant même son agresseur au sol, avant que des fidèles assistant à la célébration ne s’en mêlent et ne parviennent à maîtriser Eremia jusqu’à l’arrivée des policiers.

En bonne forme

La victime a subi des lacérations au thorax et au flanc, mais les blessures étaient superficielles.

Le responsable de l’Oratoire a même obtenu son congé de l’hôpital en fin de journée, une douzaine d’heures après les événements.

Il a même pu déjeuner avec des gens de l’oratoire Saint-Joseph et affirmait avoir hâte de retourner au travail.

Claude Grou
Sébastien St-Jean / Agence QMI
Claude Grou

« Je n’entretiens aucune rancœur envers M. Eremia. Je souhaite qu’il bénéficie de tout le soutien nécessaire et qu’il trouve la paix. Je suis persuadé qu’il n’avait aucune animosité personnelle envers moi, mais qu’il agissait selon des convictions qui lui sont propres », a mentionné le père Claude Grou dans un communiqué, après la comparution à laquelle assistait du personnel de l’institution.


► Vlad Cristian Eremia doit revenir en personne devant le tribunal lundi pour son enquête sur cautionnement.

La sécurité est renforcée à l’Oratoire depuis l’attaque

L’agression sournoise dont a été victime le patron de l’institution montréalaise durant une célébration entraîne une révision des mesures de protection du lieu de culte.

« Par mesure de précaution, la sécurité sera renforcée au cours des prochaines semaines, en concertation avec le Service de police de la Ville de Montréal », a confirmé Céline Barbeau, directrice des communications de l’oratoire Saint-Joseph, au lendemain de l’attaque contre le père Claude Grou.

L’endroit n’est pas muni de détecteurs de métaux contrairement à d’autres lieux de culte fréquentés par des pèlerins ailleurs dans le monde.

Cependant, le personnel de sécurité « dispose d’un équipement de surveillance discret, mais efficace », a ajouté Mme Barbeau.

Le père Grou a affirmé souhaiter que l’agression dont il a été victime ne change pas le caractère de son établissement.

« Je prie pour que l’oratoire Saint-Joseph reste un lieu d’accueil, de prière, de calme et de paix comme il l’a été depuis plus de 100 ans », a-t-il indiqué par communiqué.

Aimé

Dans la foulée de l’incident diffusé en direct sur internet, des centaines de pèlerins se sont rendus à l’Oratoire pour prier pour le rétablissement du père Grou, apprécié pour son caractère bienveillant.

« C’est la moindre des choses à faire, explique Marcelline Dupont, une habituée de l’Oratoire. Il a consacré sa vie à Dieu et aux gens. On doit lui montrer à quel point il est important pour nous. »

Leurs prières ont été exaucées, puisque l’ecclésiastique a pu rapidement sortir de l’hôpital vendredi soir.

« Ma santé est bonne et je me remets de mes émotions, a-t-il fait savoir samedi. Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui m’ont transmis des messages de soutien et celles qui m’entourent. Cela me fait chaud au cœur et me permet d’affronter sereinement ces moments difficiles. »

Enfin, pour les témoins de l’événement, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) offre ses services de soutien par téléphone cette fin de semaine.


► On peut les joindre au 514 277-9860 et, dès lundi, partout au Québec, au 1 866 532-2822.